10 mars 2008

La mouette, d'Anton Tchekhov

Mise en scène :Philippe Adrien
L’auteur répétait qu’il n’écrivait que des comédies, mais l’acte IV de celle-ci se termine par une scène où le désespoir fait sombrer l’héroïne Nina dans la folie. Constantin, qui l’aime mais est aussi fragile qu’elle, se suicide alors . Jusque là on a beaucoup souri et même ri tant les personnages sont raffinés, instinctifs, barbares et poétiques à la fois. Ils sont aussi prosaïques et cocasses. Les onze comédiens dont certains sont effectivement d’origine slave ( trois d’entre eux ont fait partie de l’étonnant Footsbarn Theatre, cette troupe ambulante internationale et mythique) sont tous ébouriffants. Sur la vaste scène presque vide, vibrant à chacune de leurs répliques, ils courent et dansent pieds nus, installent l’émotion et la dérision, la douleur et la tendresse, puis se rapprochent pour constituer des tableaux de famille et discourir à l’infini sur la vie et le théâtre. Cette Mouette est la plus brillante et touchante de toutes celles qui ont été montées ces dernières années.
Théâtre de la Tempête à la Cartoucherie, du mardi au samedi 20h, dimanche 16 h. Réservations : 01 43 28 36 36