13 mars 2008

Pale Horse, de Joe Penhall

Mise en scène Thierry Lavat
Créée en 1995 dans la plus petite salle du prestigieux Royal Court Theatre de Londres où les œuvres de tant d’auteurs actuels ont été montées pour la première fois, la pièce a été publiée et jouée en France sous le titre explicite « La mort au coin du bar ». Présenté à La Caserne des Pompiers à Avignon-Off par la compagnie Delthina et son metteur en scène Thierry Lavat, ce spectacle à reçu le Prix Adami-Découverte Off en 2005. Cette pièce saluée à ses débuts de manière plus qu’élogieuse par la presse anglaise, et son auteur qualifié de descendant de celui de Macbeth et petit cousin d’Arthur Miller et de Pinter, poursuit son parcours. Cette fois elle est à Paris dans cet attachant Sudden Theatre à Montmartre, lieu où souffle un esprit narquois, explosif. Chez Penhall on est en permanence sur le fil du rasoir et perpétuellement remis en question : « Je ne sais pas qui je suis » dit le personnage central ; « je sais pas » répondent les autres quand on les questionne. Nous autres savons : ils sont des ‘misfits’, des désaxés, gens dépassés par une époque à laquelle ils collent trop. Le personnage principal, Georges, est un homme à l’allure carrée, qui vient de perdre sa femme : d’où une première scène avec civière, forme allongée dessus façon morgue. Un prêtre : « mon père » … croire en Dieu, en cette Providence qui peut vous donner un sacré coup de main quand vous le lui demandez. Mais non ! Georges s’est reconverti en patron de pub londonien qui accueille toutes sortes d’assoiffés dont certains sont ivres-morts toutes les nuits, c’est leur rituel. A partir de là le rythme, surtout pas de croisière, coïncide avec rapports de forces entre buveurs, charge à la batte de base-ball, attaque au couteau, et mort d’homme. Plus une histoire d’amour de rechange entre Charles, ce veuf récent qui vient de découvrir qu’il est violent et Lucy sa bar-maid labellisée ‘capricieuse’. Spectacle sur-rythmé, l’alcool aidant. aussi dérangeant que réconfortant cependant, parce que plus que truculant. Déplacements d’éléments et d’accessoires en souplesse, un écran aux proportions raisonnables sur lequel atterrissent des formes et des couleurs qui commentent et suggèrent. La mise en scène est plus qu’intelligente. Dans les rôles principaux : Jauris Casanova et Isabelle Jeanbrau sont magnétiques et leurs camarades le sont tout autant.
Sudden Theatre, du mardi au samedi à 21 heures . Réservations : 01 42 62 35 00