12 mai 2008

Nous n'avons fait que fuir, de Bertrand Cantat

Nous n’avons fait que fuir, de Bertrand Cantat
Mise en scène : Florent Saclier et Philippe Merle, avec Vincent Bramoullé et Florent Saclier.
Au départ, un texte de Bertrand Cantat qui nous vaut un spectacle d’une heure dont on ne décroche pas une seconde. Poésie portée au théâtre. Il a été créé lors du festival de Montpellier-Radio France en juillet 2002 dans le cloître du couvent des Ursulines par le groupe Noir Désir. Bertrand Cantat nous dit qu’invité avec ses camarades à donner une performance, il a ‘commencé à écrire ce texte entre balances et concerts’. Tout dans la vie n’est-il pas une simple question de rencontres, hasardeuses, parfois, mais qu’on baptiserait inspiration. Bertrand dit encore : « Tout a été jeté, craché, et le résultat est là ». Ils sont deux sur scène, co-ordonnés et habillés de noir, comment pourrait-il en être autrement ? Lui est plutôt grand et mince et cet ‘autre-lui’ est costaud. Ils se sont approprié ce texte plus que musical. Bref Bertrand n’a fait que fuir, serait-ce pour un bon motif : « Nous n’avons fait que fuir / Nous cogner dans les angles/ Et dans la longue route/ Des chiens resplendissants/ Deviennent nos alliés ». Lautréamont et certains poètes délirants qui ne lui arriveront jamais à la cheville, les surréalistes de tout poil, et avant eux aussi Nerval, et qui d’autre encore ? Une quête, un bilan, une douleur, des constats et une espérance, peut-être. Ce sont là quelques unes des nourritures de ce Cantat. Les comédiens se prenant en relais, jouent ensemble ou à côté l’un de l’autre quand il le faut, mais toujours parfaitement synchrones. Ils se sont étonnamment approprié le texte, gestuelle en plus : c’est beau, c’est intelligent et c’est étrange.
Théâtre de l’Epouvantail, 6 rue de la Folie Méricourt, jeudi, vendredi, samedi à 22 heures, dimanche à 18 heures. Réservations : 01 43 55 14 80