17 juin 2008

Neige, de Maxence Fermine

Avec Stéphanie Loïk et au piano Jacques Labarrière
La critique avait fait un tabac à l’auteur alors trentenaire à la sortie de son premier roman en 1999. Stéphanie Loïk, fascinée, l’adapte pour le théâtre : c’est un conte philosophique avec initiation à la Voltaire, voyez donc Candide, ou même à la Cervantès, et c’est aussi une réflexion sur la poésie, l’art et les arts, et quoi d’autre encore… ? la vie, tout simplement .
Un jeune Japonais a décidé de devenir poète et donc de pratiquer le haïku, lequel, rime parfois en occident, avec extrême sophistication. Quittant sa famille, il s’en va trouver un maître à l’extrémité de son île. Neige, non pas métaphorique mais sensuelle, cependant image de la pureté, absence de couleurs confrontée à un monde hébergeant des arcs en ciel, neige qui peut conserver des corps ensevelis depuis des dizaines ou des centaines d’années. Tel celui d’une femme aimée : mais par qui, et puis qui était-elle ? Et si « le maître des couleurs était aveugle, et si la lumière était ailleurs, et si tomber amoureux…et si la guerre, la mer, la mort et si… seul dans son silence… » Le partenaire de Stéphanie Loïk au piano joue des airs cristallins à la niponne, et ce spectacle est étrange. La comédienne, cheveux longs bien sagement relégués dans son dos et lunettes pour institutrice d’avant la cinquième république marche à pas de pachyderme. Visage mobile, intonations baroques, insistant sur les finales des mots, capable de rendre dérangeants des ‘e’ censés être muets, elle bouge, émerge derrière le piano de son partenaire, se remet à marcher avec précaution et lourdeur. Qu’est-ce donc que la poésie ? fait semblant d’interroger Maxence Fermine qui visiblement a une petite idée de ce dont il parle et possède une réponse au moins : « la poésie n’est pas un métier, c’est un passe-temps, la poésie c’est une eau qui s’écoule ». Et encore « la poésie est avant tout la peinture, la musique, la chorégraphie et la calligraphie de l’âme ». Selon lui « il y a deux sortes de gens : les acteurs et les funambules ». Peu importe si vous ne pensez appartenir à aucune de ces catégories et si la formulation vous semble évanescente, avec ce spectacle vous risquez de refaire alliance avec la neige « dormant dans le lit de la blancheur ».
Théâtre Artistic Athévains, mardi 20h, mercredi, jeudi 19h, vendredi 20 h30, samedi 18h et 20h30, dimanche 16h. Réservations : 01 43 66 38 32