01 juin 2008

Signé Topor, de Roland Topor

Textes de Roland Topor; conception et mise en scène : Jean-Louis Jacopin; musique : Reinhart Wagner
Un décor qui n’en est pas vraiment un, avec un simple écran, côté cour où sont projetées des œuvres de ce Topor qui a illustré, caricaturé, peint tout à tout va, pour qui la dérision et la déraison allant de pair étaient des must, dont le talent d’écrivain, - voyez théâtre, romans, nouvelles - était multi-facettes et aussi décapant que tonitruant, mais ponctué de brusques tendresses. Deux musiciens, l’un et l’autre compositeurs de chansons, de musiques pour le théâtre et le cinéma, donc avec piano, guitare et toutes sortes d’autres instruments; et un comédien en costume sobre, sauf que sur son bras gauche est plaqué une espèce de brassard réplique de son impeccable chemise à rayures. On tilte, on tique. Dès le début on s’étonne que les comédiens soient sonorisés dans un lieu qui n’est pas immense et où l’acoustique ne semble pas problématique. Mais puisqu’il va falloir marier textes, chansons, airs et musiques et pour que tout s’harmonise, on accepte presque ces « brosses à dents » intempestives qui barrent la joue des comédiens et leur font des allures d’insectes..Les trois hommes sont drôles, drus, solides. Le tonus est là, d’emblée et garanti, et ce qu’ils disent ou chantent, jazzy surtout, ressemble à du Boris Vian en plus vachard, en plus caustique et en plus chahutant. « Le con se sert avec un peu d’huile et un filet de vinaigre » , mais « les vaches suisses sont les plus sages du monde » et forcément « la journée des grands-ducs démarre à Bar le Duc ». On rêverait… si les deux comédiennes danseuses-et-chanteuses, muses de ces messieurs, en tenues affriolantes, court devant et long derrière pour bien mettre leurs jambes en valeur mais qui, vues de dos, laissent voir le carré noir de leur sono pas si machinales, comme résignées, mais à quoi ? poupées boudeuses, œil terne, sans œil, elles ressemblent à des caissières de supermarché baillant avant la pause. C’est dommage, mais peut-être sommes-nous venus un mauvais jour ?
Théâtre du Rond Point, salle Topor, du mardi au samedi à 20h30, matinée samedi à 17 h, dimanche à 15h30. Réservations : 01 44 95 98 21