11 août 2008

Entre 15h et 15h30, de Jean-Claude Islert

Mise en scène : Jean-Luc Moreau
Un vaudeville moderne ? oui, mais un vrai, jamais vulgaire, qui tient étonnamment la route avec mari, femme, amant avéré et maîtresse potentielle avec, item, une mère d’âge plus que mûr, abusive ou pas mais finalement plus perspicace que son semi-naïf de fils.
La charmante Sylvie est depuis quinze ans la femme de Jacques. Lassitude : lui va ‘voir ailleurs’, elle en est certaine, tout le prouve ou même le laisse imaginer. Qu’à cela ne tienne : elle a pris pour amant Bertrand, très proche collaborateur de son mari, dadais délicieux, mais dont dès le début de la pièce elle est presque lasse. C’est un gaffeur invétéré du genre à qui il faut souffler pratiquement tout ce qu’il doit dire une fois sommé de répondre aux questions posées par les autres quand…. Donc Sylvie a reçu Bertrand au domicile conjugal pour faire ‘crac-crac’, mais elle le renvoie dans ses foyers, soit au domicile de sa mère, laquelle sonne bientôt à la porte, parce que laissée dans la voiture et qu’elle voudrait maintenant récupérer son rejeton. Noir. Débarque Jacques , époux de Sylvie, grand ‘communiquant’, quadra idéal, bondissant, survolté. Il est censé dire à son épouse qu’il doit aller à Londres pour un week-end de travail… suivez notre regard. Tout s’emballe et c’est à ravir. Retournements de situations ; péripéties carambolesques avec répliques tout-à-trac.Vrai-vau-de-ville, on vous le dit. Qui fait quoi ? qui dit quoi ? et qui fait que ce qu’il dit est vraiment quoi ? Décor : un salon anodin mais avec d’énormes fauteuils moelleux et des portes, à droite, à gauche et au milieu. La mise en scène de Jean-Luc Moreau veut que les comédiens bondissant, s’étreignent faussement-malhabilement, se donnent éventuellement de petites claques, pour rétablir des rapports vrais. Ils se font aussi régulièrement réinstaller manu militari par leurs partenaires dans les gros fauteuils. Et plouf ! On rit :on ne sait plus où on en est. Patrick Zard’ dans le rôle de Bertrand est de plus en plus chérissable. Ses partenaires sont Arnaud Gidoin - Jacques qui se démène et, mouillant la chemise, donne un rythme insensé au tout - plus Eliza Maillot et Audrey Hamm, jeunes femmes pulpeuses, chacune dans son genre.
Antoinette Moya, dans le rôle de ‘celle-qui-a-tout-compris-mais-fait-mine-d’être-manipulée, mais-pour-quoi-déjà ?’ est très drôle.
Théâtre Michel, du mardi au samedi à 20h 45, samedi à 16 h 30, dimanche à 15h. Réservations : 01 42 65 35 02