09 août 2008

La perruche et le poulet, de Robert Thomas

Mise en scène de Luq Hamett
Quand la pièce a été traduite et jouée pour la première fois en France , c’était dans les années… Une perruche cela voulait plutôt dire une commère caqueteuse, une femme incapable de ‘la boucler’, gaffeuse volontaire ou non, mais grâce ou malgré qui- tout, d’impossible, deviendrait possible. Quant au poulet, c’était tout simplement votre n’importe quel flic de service. Ici il serait plutôt du genre inspecteur archi-présent dans cet imbroglio interminable où de vrais-faux cadavres atterrissent de façon récurrente, avec un poignard fiché dans le dos, sur la table du bureau d’un… attendez, est-ce de la collaboratrice , alias secrétaire, d’un notaire qu’il s’agit ?… pour disparaître illico. Lequel notaire, régulièrement absent de son étude est pourtant toujours trop présent, précédé ou suivi de sa femme très seizième arrondissement de Paris, et volage parce qu’insatisfaite. Deuxième meurtre : celui qui l’a perpétré est forcément l’un des sept autres personnages… Agatha Christie au secours ! On s’en inquiète et en même temps on s’en moque parce qu’on a compris qu’on est dans une sorte de BD interminable. Alors on guette les allées et venues des comédiens sur scène : cela dure deux heures avec noirs, rideaux qu’on tire et qu’on rouvre. Bref ,c’est un certain autrefois que les spectateurs viennent retrouver au Théâtre Déjazet, lieu où tant de comédiens et comédiennes devenus mythes se sont produits. Claude Gensac est l’une d’entre eux : elle utilise toute son énergie devenue légendaire pour jouer cette perruche manipulant ses partenaires avec truculence. Ses gestes appuyés qui vont jusqu’à la gesticulation prennent très souvent le relais de la parole. Aux saluts elle a sa canne à la main. On est ému. Les autres comédiens sont jeunes et charmants mais la distribution est inégale, certains tirant la couverture à eux, d’autres tout juste leur épingle du jeu. Jean-Pierre Castaldi , policier tonitruant chargé de l’enquête s’en tire mieux que bien. Le décor, censé être années soixante, n’est ni-fait ni à-faire, et d’une platitude rare certainement voulue. La dérision règne. Souvenirs, souvenirs… la première chaîne, juin 1969, Jane Sourza, Raymond Souplex… le pur théâtre de boulevard et ‘Au théâtre ce soir’. Dans la salle, ça trépignerait presque. Si les spectateurs sont heureux, que demande le peuple ?
Théâtre Déjazet, du mardi au samedi à 20h30, matinée samedi à 16h. Réservations : 01 48 87 52 55.