04 septembre 2008

Le vol de Kitty Hawk

Le vol de Kitty Hawk, comédie exaltée de Georges Dupuis
mise en scène Yves Pignot
Comédie exaltée ?… exalter, du latin exaltare : élever… élémentaire, mon cher Watson ! il s’agit d’une pièce sur l’aviation. Mais sachez aussi que Corsairfly, en la personne de son PDG est en partenariat avec la compagnie Depuis-Depuis qui monte cette pièce historique mais aussi « divertissement sur la vie des pionniers de l’aviation » et encore « destinée à un large public familial ». Donc, comme vous le savez, Kitty Hawk n’est pas le nom d’une charmante jeune femme (Kitty : diminutif anglo-saxon de Catherine), mais celui de cette plage où souffle très fort le vent qui permit aux frères américains Orville et Wilbur Wright de faire décoller un premier avion. Ils auraient pu être les seconds à le faire, car à l’époque beaucoup de savants sur d’autres continents envisageaient la chose, Léonard de Vinci en son temps avait planché sur le sujet et Icare fait un brin d’essai ; et imiter les oiseaux que la charmante Hélène Delavande, débarquée de sa France où, née dans une famille pauvre elle menait une vie étriquée, photographie en plein vol. Avec son matériel à prendre des clichés elle a rejoint la famille Wright. Le père : Milton est un pasteur pingre, autoritaire et sentencieux qui déteste la musique « moderne », surtout quand c’est sa propre fille qui en joue au piano dans la maison familiale où Orville et Wilbur, ses fils, ont leur atelier de cycles. En complets vestons et tabliers bien sages ils vendent et réparent des bicyclettes mais vont y inventer ou mettre au point un cerf volant, un planeur, et le premier avion enfin. Celui-ci volera pour de bon quelques instants le 17 décembre 1903. Leur sœur Katharine commente la saga familiale et tire en travers de la scène un léger rideau blanc ne masquant rien mais destiné à ponctuer l’aventure. De l’autre côté de la rue une dame de couleur tient un restaurant où, pipelette enjouée, elle recueille les ragots du quartier qu’elle vient commenter ensuite chez les Wright. Voilà pour nos personnages principaux auxquels vers la fin se joindra un certain Octave Chanute, ingénieur américain d’origine française qui… ne disons rien de cet avant-dernier rebondissement d’une pièce savoureuse doublée d’un récit à l’authenticité garantie. L’histoire avec un grand H, plus une intrigue aussi drôle que romanesque à pleurer… de rire avec idylle, rivalités, trahisons et une mort aussi brutale que prématurée. Du vrai théâtre comme on n’en fait plus guère, avec intrigue et progression dramatique peut-être un peu lente mais accrocheuse, des personnages complémentaires et cernés, des dialogues enlevés et un joli brin d’exotisme. La scénographie est fignolée, les costumes exquis, le décor lumineux, et les lumières décoratives. Les sept comédiens sont d’une justesse, d’une finesse étonnantes. On les embrasserait. Une fois encore le Théâtre 13 a mis dans le mille.
Théâtre 13, mardi, mercredi, vendredi à 20h30, jeudi et samedi à 19h30, dimanche à 15h30.
Réservations : 01 45 88 62 22