27 octobre 2008

Les jeux de la nuit, de et avec Corinne Cousin

Au piano : Roland Romanelli
Belle, drôle, généreuse, elle n’en finit pas de rendre grâce à ceux sans lesquels elle ne serait pas ce qu’elle est devenue : cette femme curieuse de tout qui adore regarder et entendre les autres rire et s’émerveiller autour d’elle parce que la vie, cruelle et cocasse est toujours synonyme de parcours fabuleux. Ses spectacles, Corinne Cousin les a peaufinés à chaque fois qu’elle nous les a proposés. Elle a empoigné des textes d’auteurs plus qu’aimés, nous trimballant dans ses Années Saint Germain. Rive gauche elle a rencontré tous les musiciens, auteurs, écrivains-poètes et encore ces comédiens de talent qui n’en finissent pas de compter pour nous. Cette fois-ci elle nous propose un pot-pourri de ses textes à elle, chronique sans prétention des cinquante premières années de son existence . Chanteuse, elle dit avoir débuté dans les bas-fonds de Marseille pour atterrir à Paris et y devenir patronne et meneuse de jeu du Paradise : night-club un tantinet ringard, (comme tous les lieux de nuit où le plaisir n’irait pas sans champagne). Une voix-off plutôt râleuse commente ses prestations : « Elle ne pourrait pas en faire un poil plus ou un poil moins ? » Humour, dérision, auto-dérision… sommes-nous au premier ou au second degré ? Elle dit avoir eu envie de jouer « mon propre rôle dans mon propre lieu ». L’incomparable Roland Romanelli, son compositeur-accompagnateur de dilection est au piano ou à l’accordéon. Robe spectaculaire, éclairages signés Jacques Rouveyrollis, s’il vous plait et comme d’habitude ; mise en scène du malicieux Philippe Ogouz qui nous a conquis avec ce Rutaga Swing lequel, en chansons et entre autres, ressuscitant la France profonde dans les années d’après quarante de manière gouleyante mais si tendre, si poétique. Corinne chante joliment dans un petit lieu où elle n’a pas besoin de forcer la voix, ni d’être sonorisée et on lui en sait gré. Sa petite saga s’égrène : rimez rengaines. Vous n’aurez pas le grand frisson ayant compris que la fin n’en sera pas une. Mais pétaradante, la voilà repartie pour un vaste tour. Ses fans s’en réjouiront et ceux qui la découvrent quitteront le théâtre avec sur les lèvres un gentil sourire, le nez en l’air, et s’en iront en sifflotant.
Petit Hébertot, du mardi au samedi à 21 heures. Réservations : 01 43 87 23 23