09 novembre 2008

En quête du bonheur

Oratorio poétique et philosophique ; mise en scène : Arnaud Meunier.
Le titre est alléchant et on y a cru. Mais c’est très vite peine-perdue. Et on ne saura jamais qui on a vu sur scène ce soir-là, les interprètes étant ‘en alternance’. Nota Bene : ne serait-il pas souhaitable que soit tenu à la disposition des spectateurs un papier où figurerait le nom des comédiens sur scène le soir où nous autres sommes dans la salle, ne serait-ce que pour leur rendre un hommage ciblé et puis aimer les retrouver ailleurs une autre fois ? Dans ce petit lieu si beau, à l’acoustique excellente, côté jardin le musicien a en mains toutes sortes de violons, il est malheureusement flanqué de bandes-son ; à ses pieds rampent des prises, des fils, soit une petite quinzaine de choses qui clignotent en permanence, ce qui fait que quand on s’ennuie - comme c'est très vite le cas - on le regarde pianoter des mocassins. Mais il y a pire: les comédiens. Soit un homme jeune et plutôt charmant, chemise flottante face à deux femmes en vagues tee-shirts beigeasses sur des pantalons noirs. Ternes, sans regard, sans présence et sans charme, elles commencent par débiter leurs textes dans des micros perchés sur des pieds gigantesques. Et très vite on se fiche de ce qu’elles racontent, au reste plutôt mal, même si des poètes et écrivains de génie tels que Pascal, Rousseau, Baudelaire, Gide, Prévert, mais aussi l’incontournable Houellebecq ont été invités à tenter de dire ce que pourrait être ou ne pas être le bonheur. Le musicien plus qu’excellent se déchaîne : séquences fascinantes mais bien trop longues. On ferme et on referme les yeux. La dame à votre droite mâchonne son chewing-gum et cette autre-là à votre gauche en fait tout autant. Mal-donne et malaise. Quel gâchis . Heureusement, le spectacle qui suit dans la même salle est la Commission centrale de l’Enfance de et avec l’excellent David Lescot ; superbe.
Maison de la Poésie, du mercredi au samedi à 19h, dimanche à 15 h. Réservations : 01 44 54 53 00