04 novembre 2008

L'emmerdeur du 12 bis, de Céline Monsarrat

Mise en scène de Stella Serfaty, avec Albert Delpy, Alexia Papineschi et Céline Montsarrat.
Forcément le chiffre d’après est ce 13 porteur de poisse, mais quel bon titre ! Catalogue d’observations toutes plus fines les unes que les autres, dialogues avec répliques cocasses assorties de cascades de bons mots, mais surtout un sujet de société qui lui a été inspiré - l’auteur ne s’en cache pas - par la canicule de 2003, laquelle a liquidé tant de vieilles personnes dans leurs maisons ‘de retraite’. Un monsieur vieux: barbe et cheveux archi-blancs dans son fauteuil roulant, une couverture sur les genoux, au centre de l’espace scénique sur un très petit podium. Mais on sent qu’il est cet arbre qu’on ne pourra sans doute jamais abattre. Auprès de lui une jeunette : la jolie infirmière qui l’escortera, l’aidera, le soignera un temps, mais qui se destine à quoi, à qui … qu’en sait-elle seulement ? Et Lui, le vieux, l’a adoptée. Et elle de même, qui fait rigoler l’ancien, frétillant dans sa chaise. Sa fille-à-lui intervient alors, prétendant redevenir celle qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être et qui veut reprendre le contrôle de la vie et des souvenirs de ce père … avec tous les déballages, emballages et réemballages d’ évocations de ces ‘non-dits’ lesquels pourraient bien avoir tout gâché de votre vie. Les comédiens y croient. Albert Delpy au regard clair est parfait et ses deux dames en contre-point : la jeune et la moins jeune, ont du charme et de l’empathie. Presque-fin : le vieux monsieur se lève de son fauteuil, donc il n’était pas si atteint que cela. Il esquisse un pas de danse sur une musique du genre flamenco. Une soirée étrange mais touchante.
Lucernaire, du mardi au samedi à 18h 30, dimanche à 17 heures.
Réservations : 01 45 44 57 34