17 novembre 2008

Les bavards, d'Offenbach

Les bavards, d’Offenbach
Opérette en deux actes, datant de 1862 ; l’action est censée se passer en Espagne, mais le livret est simplet et l’intrigue accessoire. Le jeune Roland criblé de dettes est amoureux d’Inès ; il cherche à s’incruster chez l’oncle de celle-ci : le señor Sarmiento pour y trouver peut-être le gîte, mais surtout le couvert et soupirer après sa belle. Ce Roland est un bavard aussi incoercible que Béatrix, la femme de Sarmiento et ce dernier ( est-ce de la naïveté ?) imagine que s’il les met face à face en continu sa moitié aura le dessous et que, neutralisée, elle finira par arrêter de jacasser et qu'il pourra jouir enfin d’une certaine paix bien méritée. Bien sûr, après pirouettes et péripéties tout se termine par le mariage des jeunes gens. Quant à la suite de la pantalonnade?…Curieusement mais heureusement, les deux bavards chantent les trois quarts du temps pour ne parler que le quart restant, et l’on oublie qu’ils ont en commun un travers assommant. Exubérants ils enchaînent des airs savoureux, piquants, entraînants et délicieux : du meilleur Offenbach ou tout simplement de l’Offenbach éternel. Facétieux et pléthorique comme à son habitude, Ned Grujic a concocté une mise en scène enchaînant les trouvailles, dans un décor rigolo, mais sommaire au départ, avec de simples panneaux couverts de phrases griffonnées qui, tout à coup, comportent des ouvertures : celles par lesquelles les cuisiniers vous passent les plats au restaurant. Sur scène quatre comédiens en font pour huit ou douze. Enlunettés, non-identifiables, la tête enfournée dans des lucarnes percées à l’intérieur des attaché-cases qu’ils brandissent, ils défilent sur scène pour redevenir des personnages agités, véhéments et surréalistes ; le manège tourne et s’endiable. Le décor fait volte-face. Nous voilà dans un supposé-salon dont les murs lisses sont couverts d’inscriptions évoquant les meubles qui devraient y figurer mais en sont absents. Sur le costume aussi seyant que dissymétrique de la comédienne qui joue Béatrix le mot ‘pois’ est imprimé, mais les vrais pois, qui petits ou grands la feraient ressembler à un guépard, se sont fait la malle. Le pianiste côté jardin rejoint ses camarades pour se révéler un comédien désopilant. Un autre comédien, devenu lyrique, s’allonge soudain sur le piano ou mime une reptation, bref les astuces s’enchaînent, c’est trépidant. Un des meilleurs gags est signé Margot Dutilleul qui est à la tête de la compagnie Minute Papillon responsable de ce joyeux spectacle ; elle a choisi d’interpréter le rôle de Roland. Le public ravi en redemande.
Ciné 13 Théâtre, jusqu’au 31 décembre, dates et réservations : 01 42 54 15 12