20 novembre 2008

Meurtre par omission, de Jean-Pierre Klein

Meurtre par omission, de Jean-Pierre Klein
Mise en scène de Philippe Adrien
Tragédie familiale pseudo-grecque : la vie, l’amour, la mort… au choix. Et puis corrélativement : la faute, la révolte, le défi, le châtiment suprême et quoi d’autre encore ?
Chers intellectuels consensuels… à propos : êtes-vous favorables à l’euthanasie ? Sujet de société digne d’un petit débat télévisuel mais surtout à une heure de grande écoute. Apparemment en réanimation, Claire gît sur un lit d’hôpital. A son chevet ses deux sœurs : Christine, l’aînée et Clémence, la benjamine. Règlements de comptes avec au menu les traumatismes remontant à l’enfance, la famille, voyez non-dits et bla-bla-bla et rebla-bla. Vers la fin Claire en apnée ou léthargie léthale se redresse pour effectuer une dernière manœuvre qui l’emmène sous le lit d’où elle émerge pour s’y réinstaller. Très symbolique, authentiquement et essentiellement métaphysique. Mais pourquoi a-t-elle sombré dans le coma, qui ou même quoi l’y a plongée et d’abord quels rapports entretenait-elle avec sa famille, son père en particulier? Ah…son père est mort ? On n’en peut plus de faire dans la douleur. Noirs et musiques interstellaires. Dans la pénombre une des sœurs de l’allongée allume une cigarette. De bavarde, la pièce n’en finit plus de devenir fumeuse. Depuis longtemps on n’attend plus sa fin. Philippe Adrien qui la met en scène a dû croire à ce texte, du moins on l’espère, et sans doute également l’équipe du Théâtre de l’Atalante à la programmation et la démarche ordinairement si courageuses et si innovantes. Omission ; entendez ‘omettre’ ou encore ‘ne pas tenir compte de’. Oubliez que vous y étiez ce soir-là et que vous avez assisté à ce vague polar hyper-réaliste et doloriste dont l’affiche accrocheuse est forcément morbide. Ben voyons, pourquoi faire les choses à moitié ?
Théâtre de l’Atalante, lundi, mercredi, jeudi et vendredi à 20h30, samedi à 19h, dimanche à 17 h. Réservations : 01 46 06 11 90