22 décembre 2008

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, de Sfefan Zweig

Mise en scène de Marion Biérry, avec Catherine Rich et Robert Bouvier
Un plateau quasiment vide, une petite estrade installée de biais avec derrière, un mur où se découpe une fenêtre. Une femme en robe beige, assise, immobile et muette, un comédien en costume avec écharpe rouge et fausse allure de Michael Lonsdale jouant Marguerite Duras ; il raconte, situe l’action tout en marchant marche. Son immobilité à elle fascine de plus en plus. Voilà qu’elle parle, enfin : la voix de Catherine Rich avec ses modulations infinies est une musique qui nous porte. On connaît l’histoire de cette lady anglaise, veuve quadragénaire et mère de grands enfants, qui ‘villégiaturant’ sur la Côte d’Azur (en quête de quoi ?) dans une salle de casino rencontre un jeune Polonais dont les mains la fascinent. Elle perçoit son désespoir ‘existentiel’. Cet être infréquentable, immature et donc déjà presque vieux, elle l’aime aussitôt et passionnément d’un amour de mère compassionnelle, ou peut-être simplement responsabilisée, et encore d’amante qui ne le sera surtout pas, puisqu’il n’est pas question que sa réputation et son honneur soient attaquables. C’est tout. Lady C. continue de raconter et une certaine catharsis s’opère chez les spectatrices, d’abord. Stefan Zweig sonde l’âme féminine et la côtoie au plus près. Cela explique peut-être pourquoi l’homme joué par un Robert Bouvier consciencieux est toujours à la périphérie de tout, jusqu’à en devenir presque agaçant. Petites musiques d’une gracieuse nostalgie qui n’en finit plus. Mais Catherine Rich qui, à la demande de ceux qui l’aiment et l’admirent, a repris ce rôle qu’elle avait endossé il y a quelques années, est une partition à elle seule.
Petit Théâtre Montparnasse, du mardi au samedi à 19 heures, dimanche à 15h30. Réservations :01 43 22 83 04