28 janvier 2009

Frères Jacques, dormez-vous?

Frères Jacques dormez-vous ? facétie musicale par les FranJines
Quatre comédiennes chanteuses-danseuses s’approprient magistralement une part du registre de leurs Frères Jacques dont elles ont adopté en partie les tenues (moustaches et chapeaux en moins) arborant les fameux gilets de couleur vive et les classiques pantalons noirs mais qui recouvrent des membres plutôt galbés : c’est cocasse. Leurs cheveux sont lisses ou flamboyants, leurs visages infiniment gracieux et elles sourient, font la moue, jouent les sales gamines couinant et ouin-ouinant, façon cours de récréation. Elles bougent, s’enchevêtrent les pinceaux, s’entortillent dans des gigantesques élastiques, miment des footballeurs (plus musclé, agressif et efficace tu meurs). Belles, ne tenant pas en place, mais dansant fort bien, elles ébranlent aussi le plateau, tournoient, se poursuivent. Les figures qu’exécute ce quatuor et la pulpeuse pianiste qui joue aussi la maîtresse d’école (jolie nana plus qu’aguicheuse) sont géométriques ou ne le sont pas mais les chorégraphies dues à l’équipe artistique de ce spectacle truculent, roboratif sont impeccables. Les textes signés Raymond Queneau ou Prévert, répertoire des grands frères oblige, sont égrillards ou farfelus, tendres ou surréalistes. Il s’en dégage une mélancolie existentielle, (comprenez existentialisme d’après-guerre mondiale numéro deux). Et si la vie était une aventure peu ragoûtante, et si le béton, et si les banquiers et si, et aussi… Des moments d’émotion, une truite ‘à la Schubert’ comme un cheveu sur une soupe plus que gouleyante. A mi-parcours, les quatre copines ont ôté leurs chaussures plates pour en enfiler d’autres à talons comme si c’était la première fois, mais elles se remettent à faire vibrer la scène et les spectateurs. Voix amples, surtout pas sonorisées ; musiques et harmonisations parfois subtiles et vidéos poétiques projetées sur un simple écran blanc du genre drap où des mains stylisées miment des oiseaux et des fleurs. Des lumières blanches qui produisent toujours un effet bœuf. Bref, le travail considérable et abouti de cette équipe est d’une qualité singulière. Le Petit Théâtre des Variétés vous propose ce divertissement, une création, jusqu'en mars. Si vous l’adorez il jouera les prolongations et ce serait justice.
Petit Théâtre des Variétés, du mardi au samedi à 10h30. Réservations : 01 42 33 09 92