22 février 2009

La Tondue, de Nicolas Pomiès

Mise en scène : Nicolas Pomiès, avec Jean-Claude Aumont, Coélie König et Charles Schneider.
Argument plus que touchant : la passion endurée par ces « poules à boches » tondues à la Libération pour les raisons que vous savez, et aussi celles - toutes sortes de femmes dans d’autres ailleurs exotiques - contraintes de vendre (d’abord ?) leurs chevelures pour survivre. Négocier une partie infime de son corps, même renouvelable … se presque mutiler, un temps ? Soit une famille déclinée en trois générations : le grand père perruquier, c’est Antoine dont le commerce prospère ; puis son beau-fils : ce Zéphirin qui prétend qu’une guerre aide à réfléchir et à redevenir patriote ; enfin la charmante petite fille d’Antoine, prénommée Alsace apparemment programmée pour prendre le relais de ce grand père qu’elle aime. Pour le moment elle se contente de loger des tresses dans ces innombrables boîtes super-posées à l’arrière-plan constituant l’élément principal d’un décor fonctionnel. Donc l’Epuration venant - vous imaginez la suite… Le metteur-en-scène et auteur a mobilisé des comédiens désarmants, parfois même désarmés si leur texte à l’écriture réaliste l’exige, leurs affrontements étant parfois très explicites. Mais au creux de ce bon « Marais » de Paris on est dans un lieu à la programmation de qualité, à deux pas de celui où Molière eut son théâtre. Un certain esprit y souffle.
Théâtre du Marais, jeudis, vendredis, samedis à 19 heures, dimanches à 16 heures. Réservations : 06 61 77 52 01