21 mars 2009

Madame Raymonde exagère

Madame Raymonde exagère, de et par Denis d’Arcangelo
A l’accordéon : Le Zèbre, alias Sébastien Mesnil.
Madame Raymonde a été plusieurs fois recyclée depuis que son père ou parrain a créé et imposé dans la rue ce personnage emblématique et empathique. Diseurs et comédiens pouvaient alors faire leur numéro aux terrasses de cafés à la mode en ces bienheureuses années 1980. Denis d’Arcangelo prétend que sa dame souriante et gracieusement minaudante mais à la silhouette imposante s’est quasiment… imposée à lui. Il nous l’a déjà fait aimer, que dire adorer, dans deux de ses précédents spectacles : Madame Raymonde et Madame Raymonde revient. Cette fois-ci, dès le début, entre deux rasades de vin elle nous donne le programme de la soirée, menu où figurent des chansons dont les paroles sont signées Saint Granier, Brigitte Fontaine, Pierre Mac Orlan, Léo Ferré, Philippe Léotard, Allain Leprest mais aussi Charles Aznavour et Bernard Dimey. Cette dame ample au turban affriolant, à gros talons hauts, robe incroyablement vaporeuse et fleurie, sac à main pour reine anglaise est fidèle aux siens. Il a aussi l’audace de récupérer le personnage de l’extravagante, sidérante et imprévisible Amy Winehouse dont la chanson ‘Rehab’ parle d’une désintoxication imposée à une bête de scène qui refuse énergiquement de sortir de ses addictions. Et re-verres de rouge. A l’accordéon son Zèbre est au diapason, l’air joliment absent. Raymonde enchaîne avec des textes de liaison plus ou moins courts, au bon sens renversant, comme improvisés et souvent déconcertants, farfelus et rocambolesques. Comme toujours il y parle de ses congénères, ses collègues, ses confidentes parigotes. Vers la fin son accompagnateur se met à chanter d’une voix d’ange : c’est un moment de grâce et d’étonnement de plus. Raymonde n’en finit pas de sourire. Puis tous deux s’en vont vers le fond main de l’un sur l’épaule de l’autre, chantant l’émouvant Pépère de Bernard Dimey, non sans avoir annoncé que le catapultueux camarade Jean-Claude Dreyfus va leur succéder sur scène. Leur public est une fois de plus ravi et ceux qui les découvrent sont emballés.
Vingtième Théâtre, du mercredi au samedi à 19h30, le dimanche à 15h. Réservations : 01 43 66 01 13