15 juin 2009

Les Caprices de Marianne, de Musset

Mise en scène de Marcel Maréchal et Michel Demiautte
La fascination qu’exerce cette pièce sur les metteurs en scène et directeurs de troupes n’est pas près de faiblir et Les Tréteaux de France leur patron Marcel Maréchal en tête (en collaboration avec son camarade Michel Demiautte) proposent cette version décalée dans le temps d’une œuvre plus dérangeante encore que les autres. Il y montre une jeunesse, côté masculin, exigeante et libre, mais également égoïste, cynique, cruelle et rusée. Il y montre aussi l’amour, sincère ou pas, que des jeunes gens peuvent éprouver, accepter, tolérer ; mais jusqu’à quand ? Lui-même ne le sait pas encore. Libertinage sur fond de vie de bohème à Naples, cité lumineuse et de toutes les jouissances, mais volcanique, manipulatrice et mafieuse – ce qui permet à Marcel Maréchal de se déguiser en parrain moderne. Règlement de comptes d’un mari mûr qui se croit trompé après avoir été toléré par sa jeune épouse qui ignore en fait toutes sortes de choses de l’amour. Fin en forme de meurtre avec terme brutal mis à toute souffrance et retour à une lucidité cynique. Mais pas de rideau puisqu’on est supposé être sur des tréteaux et dans des décors pour guinguettes qu’on déplace à tout va. La musique très présente de l’excellent François Fayt frôle la pesanteur tant elle commente et laisse tout prévoir. Costumes plus que chatoyants, déplacements, danses, ça se déchaîne sur le plateau. Pléthores truculentes… et tournez manège ! Mais la grâce et l’émotion dans tout cela ? Marianne, la très jeune femme du juge Claudio (Marcel Maréchal) est aimée par un sincère Coelio (Yannick Debain tout aussi excellent que les autres membres de la distribution) dont la mère (Hélène Arié) élégante et digne est plus que touchante. Courtisée par Octave (Mathias Maréchal aguichant en joli cynique) notre Marianne ‘capricieuse’ si mal-nommée dirait-on de nos jours, parce qu’elle n’a pas été une enfant gâtée, semble-t-il, est jouée par Florence Grimaud. Affublée d’un fichu-coiffe du genre mini-voile ( serait-ce un clin d’œil mais fait à qui et pourquoi ?) serrant les genoux, elle charme et émeut. Nous sommes dans ce Théâtre 14 si convivial dont la programmation 2009-2010 inclura Molière, Jules Romain, O’Byrne, Guitry et Tchekhov dans une mise en scène de Marcel Maréchal et Michel Demiautte .
Théâtre 14, du mardi au samedi à 20h30, jeudi à 19h, matinée samedi à 16h. Réservations :01 45 45 49 77