06 juillet 2009

Le Cri de la Fourrure, de et avec Alex Pandev

D’abord c’est une femme de goût. Elle se définit comme auteur sans ‘e’ à la fin. Et c’est un vrai auteur. Voici une comédie « solo » de tout premier choix, friandise « tendance » de cet été, à déguster sans modération.
Dans une boite, très tard ou très tôt, une « jet-setteuse » (plus Austin que Falcon) s ‘éveille à la réalité et revit ses amours, dans un demi-coma ponctué de musiques. Faible intrigue, faibles moyens, petit canevas de café-théâtre ? Que nenni ! car, sous une robe Courrèges- trapèze- un volcan à cheveux noirs, cocktail d’Elizabeth Taylor, d’Ava Gardner et de Jennifer Jones réunies, la fougue de la Clermont-Tonnerre, la méchanceté d’une commère d’Hollywood, l’abattage d’une Robin, la gouaille d’une Joly, la tendresse bien cachée d’Alex.
La qualité de la pièce réside dans le crescendo. Il y a une véritable montée en puissance, des rebondissements, du non-conventionnel, du politiquement incorrect et une énergie déployée diaboliquement. Rarement une pièce comique atteint autant le tragique pour le quitter, trop lourd, non trop lourd ! Rarement l’impudeur se vêt ainsi de draperies, rarement la méchanceté laisse un tel goût sucré de gourmandise orientale.
Les mots frappent mais ne tuent pas, les hommes sont égratignés (ils pourraient tant pour elle) mais jamais (ou presque) dégradés. Nulle trace de féminisme chez Alex mais une féminité flamboyante qui la rend irrésistible et forte.
Il y a tant de don de soi, de qualité dans ce spectacle que le plaisir autant que le rire est palpable dans la salle. Elle nous quitte pour une fausse sortie, une fausse fin et elle revient pour nous étourdir encore.La mise en scène d’Agathe Bergman est vive, efficace (quelques éclairages un peu crus). C’est la comédie de l’été. Il va faire très…belle.Comédie de Paris, du mardi au samedi à 21h30, réservations : 01 42 81 00 11
Christian-Luc Morel