29 juillet 2009

Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus

Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus, de John Gray
Adaptation et interprétation : Paul Dewandre
Donc après l’Olympia qui sacralise les spectacles qu’il accueille, c’est dans ce prestigieux et séduisant Casino de Paris que redémarre, fusée interplanétaire, ce one-man-show que l’habile Paul Dewandre a fait adorer à des milliers de spectateurs de l’hexagone et d’ailleurs ces derniers mois. La mise en scène et le décor sont simplets : à jardin une chaise rouge, à cour une chaise verte, et les symboles de Mars et de Vénus.
Le livre de John Gray fait allusion à des planètes convoitées par les cosmonautes et courtisées des astrologues. Depuis sa parution, il y a une dizaine d’années, il a eu des millions de lecteurs, a été traduit en une quarantaine de langues, et est devenu un moyen de s’aborder pour se congratuler : « Comme ces auteurs anglo-saxons savent décrire avec humour, tendresse et ‘punch’ les rapports entre hommes forcément obsessionnels et femmes immanquablement hystériques ! ces deux espèces vouées à cohabiter si le genre dit humain est - comme nous l’espérons et le souhaitons - destiné à se perpétuer. »
La femme dit ceci et à ce moment-là l’homme pense cela, et quand l’homme dit cela, la femme se dit ‘‘ha-ha-ha… attends un peu… tu vas voir comme je vais …» Chers Feydeau, Labiche et autres Guitry en ces domaines vous aviez fonctionné à la française de façon aussi truculente que succulente. Ici c’est plutôt terre-à-terre et anecdotique, mais ça se veut malicieusement pédagogique avec au centre de la scène un tableau où comme par magie s’inscrivent les mots-clés de la démonstration stigmatisant les comportements des dames. Ils sont peu compatibles avec ceux des messieurs avec lesquels elles cohabitent, et l’amour là-dedans risque de ne pas résister longtemps, voyez tensions insupportables. Mais le parti-pris de l’auteur qui nous présente des couples de la génération de nos parents et grands-parents (et surtout ne fait intervenir aucun enfant) est de faire hurler de rire, plutôt que sourire. Exemple : quand on donne un rendez-vous à 8 heures à un couple Lui arrive à 8 heures moins 2 et Elle à 8h10…Ouaf-ouaf-ouf ! Le public est mis dans le coup et un couple du premier rang est invité à monter sur le plateau, à lire les répliques qui lui sont destinées et jouer une saynète au débotté. Ce genre de procédé pour café-théâtre et cabaret marche à tous coups, et au bout d’une heure et dix minutes, tout le monde n’en pouvant plus, c’est l’entracte. Dans le hall vous vous dites : ce lieu est superbe mais vous entendez aussi le puriste de service maugréer dans votre dos ‘ ce qui se donne ce soir n’est surtout pas du théâtre’. Peut-être ? de toutes façons ce spectacle sera repris et re-cartonnera.
Casino de Paris, jusqu’au 19 août, jeudi, vendredi, samedi à 20h30.
Réservations : 08 92 69 89 26