26 août 2009

Dom Juan ou l'alibi du désir

Dom Juan ou l’alibi du désir, adaptation de Stéphanie Fumex
Enfin un spectacle à polémiques !
Pourtant tout commence mal : « Au XXIe siècle, Dom Juan est une femme » (Déjà fait par Brigitte Bardot et Vadim, au XXème siècle) Ouh là, encore un gros gâteau trop cuit !
La distribution est entièrement féminine (ou plutôt-niste ?)
Elles ne seront pas en pantalon noir-maillot noir comme les vendeuses de valises des Galeries Lafayette tout de même ? Mais si, bois l’amère potion, sans en laisser au fond ! Et le fond ? Un ravaudage de textes de Pouchkine, Molière, Kundera et autres quidams (qui-dames ?) un pot-pourri, un florilège, une olla-podriga…
Ulcéré, enfermé, ligoté, plein de préventions, l’on s’attend à souffrir et le charme opère.
Il y a pourtant même de la vidéo qui donne de la télé là où il n’y a plus de théâtre. Ô rage.
Et des rideaux qui coulissent mal ou pas toujours bien.
Mais alors, mystère, les hurlements de ces dames, plus que mécontentes de Dom Juan, leur hystérie, leur recherche de l’inconnu masculin, les masques, les seuls visages de l’homme qu’elles contempleront jamais, les flammes qui embrasent, purifient, dansent, éclairent, mystère, mystère du théâtre des origines, convoqué sur scène, comme dans l’Antiquité, par ces diablesse inspirées et sifflantes, qui jettent toute leur force dans ce brasier de mots dont les cendres volent jusqu’au plafond et se déposent sur nos palais, en amertume.
Créé à la Villa à Aubervilliers, cette reprise au T.N.O. mérite un rodage, certes, et divisera, il ne peut en être autrement, mais gagnera sa légitimité dans ce cycle « Dom Juan et le libertinage » avec son chant si particulier.

Christian Morel de Sarcus

Théâtre du Nord-Ouest, en alternance jusqu’au 4 octobre.
Dates et réservations : 01 47 70 32 75