10 août 2009

Gilles Détroit au Caveau de la République

Il y a des lieux et des détroits qui sont des passages obligés. Côté République à Paris l’esprit dit français, donc aussi frondeur que revanchard ou vachard règne depuis des décennies… mais le lait de la tendresse humaine y coule aussi. On ne vous infligera pas un topo rétrospectif de cet antre délicieux où les meilleurs de nos satiristes et humoristes du siècle dernier ont brocardé et mimé ceux que vos journaux, dociles puisque payés pour l’être, encensaient: nos dirigeants et autres hommes politiques, palabreurs aux torses gonflés, imbus d’eux-mêmes et le reste à l’avenant.
Sur l’énorme affiche du métro vous avez certainement vu le visage de Gilles Détroit, et surtout ses yeux et son menton bourvilesques, et vous avez peut-être pensé : récupération ; or l’homme au physique rassurant et dense est avant tout débonnaire, autant qu’archi-toqué.
Il manipule des mots qu’il confisque pour les impliquer dans des imbroglios kafkaïens; il les confronte, les congratule, les coagule. Jeux de mots fulgurants pour situations d’un homme qui tente de maîtriser son (et notre) petit monde de tous les jours… avec feuilles de route dérisoires mais aussi feuilles d’impôts à remplir. Pierre Desproges et Raymond Devos ne sont pas loin. Tendre, lucide, jamais vulgaire, mais immensément drôle parce qu’inventoriant, à petits pas, inlassablement, tous les travers et les fausses-notes de ses contemporains, Gilles Détroit vous sidèrera.
Caveau de la République, du mardi au samedi à 20h30. Réservations : 01 42 78 44 45