27 août 2009

Troisième rêve à gauche, de Valérie Montag

Le titre de ce spectacle à trois personnages et la jolie affiche où ne figurent que deux d’entre eux accrochent . On pense à certains pas dans les nuages et à des brèves rencontres. Mais pourquoi ‘à gauche’ ? Le mot peut être de mauvaise augure ou peu respectable : voyez ces épouses jadis dites ‘de la main gauche’. La pièce ambitieuse mais à l’écriture résolument très plate est courte. Elle zigzague entre une réalité plus que terre à terre et les fantasmes de deux êtres mal dans leur peau, au petit seuil de leur réveil. Se sont-ils rencontrés, se rencontreront-ils un jour ? La mise en scène fait se réfugier ce couple dans des lits parallèles et verticaux, plantés à l’arrière-plan. Donc ils se sont connus dans un bar, se retrouveront dans des trains, se confesseront et se confieront l’un à l’autre. Bien sûr, ils sont ‘en crise’, Lui (c’est Léon) en dépit de sa ‘situation’ très enviable est un père qui souffre des conséquences de son divorce. Elle ( c’est Chloé) prétend n’avoir jamais découvert la part que l’amour dit physique doit occuper dans sa vie, elle attend un prince charmant, de préférence exotique. Mais elle risque de se retrouver au chômage, la librairie pour intellos branchouilles qui l’emploie va fermer. Amours éventuelles entre des êtres qu’un hasard forcément malin a fait se rencontrer : de quel phantasme habituel cela relève-t-il? Chloé (Carinne Montag) mutine et affriolante, minaude un brin . Son partenaire ( ce toujours si élégant et crédible Walter Hotton) en complet-cravate la regarde avec - disons- intérêt avant de lui tourner autour, pour ne pas dire plus. Personnage tourmenté mais au sourire large, il séduit et convainc. Le troisième larron est un garçon de café ; témoin de cette pseudo-idylle devenu médiateur, il tirera les conclusions de leur aventure virtuelle, avant que la dernière scène nous laisse envisager que tout cela a existé en vrai. Ouais ! ouf ! happy end et bon réveil à tous ! Nous avons ri par intermittence mais nous sommes couchés perplexes. La programmation de la Manufacture des Abbesses privilégie les auteurs contemporains et nous y retournerons avec enthousiasme, même si cette fois-ci….
N.B. Ce soir-là, le théâtre était plein et puis la presse est unanime.
La Manufacture des Abbesses, jusqu’au 2 septembre, lundi, mardi, mercredi à 21 heures et dimanche à 19h30. Réservations : 01 42 33 42 03