02 novembre 2009

Le songe, d'August Strindberg

Mise en scène de Diane de Segonzac, assistants : Vincent Gauthier et Jean-Luc Mingot
Reprise du spectacle créé en 2006 dans ce même théâtre du Nord-Ouest.
Le parti-pris généreux de Diane de Segonzac séduit parce qu’elle privilégie la dimension aérienne de cet auteur, ici plus poète surréaliste que métaphysicien ou même encore qu’homme torturé sur une terre où il dit parfois ne pas comprendre la mission qui lui est assignée. Dans le Songe il a décidé qu’Agnès, fille d’Indra, dieu védique de la foudre, est descendue sur terre pour y être confrontée aux malheurs, douleurs, inquiétudes, constats d’échec et d’incommunicabilité des humains dont elle partage la vie de tous les jours. Elle accepte leurs conseils, comme celui de ne jamais « chercher querelle à Dieu ». Pour eux vivre constitue le premier des songes. Pourtant l’un des trente personnages qu’elle rencontre questionné par son partenaire : « de quoi as-tu le plus souffert ? » lui répond : « d’exister ». Un officier, un avocat, un poète escortent Agnès sur l’immense plateau presque nu où ne figure qu'un minimum d’accessoires. Les costumes de Catherine Lainard sont chatoyants ou dépouillés et la musique de Frédéric Ligier composée pour la mise en scène est limpide. Les lumières signées Baptiste Mallek et Jean-Luc Mingot sont parlantes. La porte plantée au centre de la scène devient un miroir. Aïcha Finance, Agnès vibrante et magnétique, qui la franchit enfin pour remonter là d’où elle venait, la laisse ouverte sur l’infini. Les neuf comédiens et comédiennes sont tous remarquables.
Théâtre du Nord-Ouest, dans le cadre de l’Intégrale Strindberg.
Dates et réservations : 01 47 70 32 75.