28 décembre 2009

La parenthèse, de Laure Charpentier

Mise en scène : Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé
Cher dictionnaire français qui nous rappelle qu’à l’origine le mot parenthèse signifie « action de mettre auprès » et surtout pas « voyez digression bonne à vous apporter diverses précisions… »
Dans cette pièce tout est nécessaire, précis et ‘auprès de’...et même au plus près… car il fallait que certaines choses soient dites et certaines mises au point soient enfin faites.
Le décor réaliste et joliment chargé est celui d’une pièce de boulevard : objets nécessaires et pléthore d’accessoires: c’est l’univers plus que confortable de Pablo Luna, quarante-cinq ans (Franck de la Personne tout en nuances et en présence) compositeur médiatique et médiatisé au sommet de sa carrière, voyez son piano à jardin.
Homme responsable, affable, bon vivant, il aime les plaisirs charnels mais n’est attiré que par les jeunes garçons. Qui en a décidé ainsi ?
Depuis quelques années il a pour compagnon un journaliste devenu trentenaire : Julien (élégant et sexy Julien Dassin avec une moue d’esthète tourmenté) qui a récemment décidé qu’en tant que mâle, selon cette Bible que l’auteur connaît mieux que bien, il lui incombe d’engendrer.
Il a jeté son dévolu sur une ingénue du genre Agnès avec petit chat peut-être mort.
Mieux que bien élevée par des religieuses - Notre-Dame de Sion - on suppose que ses parents sont propriétaires d’un gigantesque appartement voyez avenue Henri Martin, Paris- 16ème. Ils possèderaient également un manoir dans la province profonde, item, une villa côté Saint Trop’. Le prénom de cette dulcinée est Eléonore : la délectable Olivia Luccioni la joue genre gentille mais plutôt gourde.
A l’opposé, Dora, meilleure amie et confidente de Pablo et qui n’aime que les dames, est Sonia Dubois pétaradant sur scène. Donc la situation est la suivante : comment Pablo va-t-il empêcher Julien de ne considérer leur liaison que comme une parenthèse à refermer plus que vite avant son mariage ? Pablo souffre, l’avoue mais rusant à tout va, il déclare à la jeune fille qu’il est le parrain de Julien et que, faisant partie de sa famille très proche, il est son meilleur recours voué à rester en contact permanent et étroit avec lui.
Chaque scène est plus touchante ou poignante que la précédente, mais on rit en rafales à ces interventions de Pablo que le sens de l’humour et le goût du paradoxe ne peuvent pas déserter. Dora dans son numéro volcanique qui se veut désopilant en fait toujours plus que plus.
(…) Eléonore ayant un peu bu et perdu ce qui lui servait de repères, bafouille et s’affale… un peu plus loin encore, débarque un éphèbe blond vêtu de blanc, aux allures d’archange (ravissant Julien Floreaneig) qui empoigne élégamment sa guitare. Rêves à la Pablo, mais le but ?
Le dénouement vous laissera peut-être sur votre faim, mais vous aurez remercié le Ciel d’avoir mis au monde Franck de la Personne, comédien inspiré et plus que généreux qui tient cette pièce à bout de bras.
Théâtre Daunou, du mardi au samedi à 20h30, matinée dimanche à 15h30. Réservations :01 42 61 69 14.