16 janvier 2010

Josiane Pinson Psy- causes

Josiane Pinson dans PSYcause (s)
Mise en scène de Daniel Berlioux
Josiane Pinson infiniment droite dans des bottes de plusieurs lieues est décidée à faire de nous des petits poucets et des petites poucettes…non-non-non, pas poucettes, mais poussettes ; n’en est-on pas au stade dit régressif où nous risquons de nous trimballer dans des chaises à roulettes parce que pas encore arrivés à suivre son discours-parcours exploratoire. Elle, psychanalyste donc, et tout son univers de « clients », d’amis, d’ amants, son ou ses maris, ses enfants et petits-enfants, ses… et puis encore tous ces autres qu’elle convoque sur portable, bien évidemment. Le téléphone… quel bien il a fait au théâtre lequel, avant son avènement, n’avait eu droit qu’à des monologues du genre Cocteau : La voix humaine ou Le bel indifférent. Assise dans un affreux siège de dentiste : rouge avec manettes pour remonter (avec effort) le dos et qui est l’avatar d’un divan, puis allongée à moitié, une jambe à demi-repliée, lunettes sur le nez, voix enjôleuse, râpeuse, avec un sourire résolument ‘commercial’, elle se confesse, confesse les autres, s’apitoie sur eux ou sur elle-même, pour ensuite grimacer et larmoyer. Venant à l’avant-scène elle devient pathétique car les lumières nous révèlent ses jeunes rides de cinquantenaire-plus, et c’est reparti pour un tour : « oui, ma chérie…mon chéri… ». L’affreux fauteuil re-pivote. On sourit, on pouffe à certains passages surréalistes et déjantés, mais on est tout de même un peu désemparés : Josiane Pinson veut dénoncer les méfaits et autres pataquès engendrés par le recours à toutes sortes de psy-quelques choses ; mais elle se fait parfois piéger s’emberlificotant dans son sujet. Comédienne généreuse, elle va, cependant, jusqu’au bout de sa démarche, ce qui fait jubiler son (jeune ) public.
Théâtre du Marais, du jeudi au samedi à 19h. Réservations : 01 45 35 75 87