12 mars 2010

Elias Leister a disparu

Elias Leister a disparu, d’Eudes Labrusse
Thriller poétique ; mise en scène Jérôme Imard et Eudes Labrusse
Dans la préface de sa pièce l’auteur convoque Œdipe, Jocaste et autres Sophocle, tous ceux qui nous ont nourris, dérangés, puis remis en routes ou sur la route, la vraie, la seule, celle qui fait que nous aurions pu devenir nous-mêmes… ou tenter de le faire.
De nos jours un gamin de dix ans est-il plus ou moins métaphysique que ses aïeux au même âge ? Question vite mise de côté, comme reléguée sur le bord d’une route aux remblais multiples.
Mais place au théâtre ! et éliminons ces fausses questions : pourquoi les personnages arborent-ils des noms dits ‘de famille’ surtout pas franchouillards ?
Mais… vous n’y êtes pas …le monde !
Pourquoi l’évocation de conflits dans des pays très exotiques à l’économie à base de goyave et où la guerre est endémique-pandémique ? ;
Mais les continents !
Réfléchissez : le premier de ces pays et de ces continents c’est votre cerveau. Non-non, rassurez-vous, vous n’êtes pas devenu solipsiste, vous restez ce gamin qui n’en finira pas de l’être, nous narguant tous jusqu'au bout.
L’homme numéro un se dirige vers l’instrument quart de queue à jardin. Inlassablement il va nous réitérer sa « leçon de piano ». Un gigantesque tableau noir en toile de fond. Une grande table grise pour salle des profs (au départ les comédiens sont tous vêtus de gris) qui peut devenir table d’opération , de toutes sortes d’opérations : voyez les dames et leurs accouchements, les avortements etc.
Oui mais Elias existe…
Six personnages investissent la scène où ils vont être témoins, commentateurs, déstabilisateurs-déstabilisés, avec ou sans micros intempestifs de…
Mais Elias ?
On n’en saura jamais rien, même si le comédien qui l’incarne, sautant sur la grande table, torse nu, effectue toutes sortes de contorsions. Sonorisé ou pas il émeut .
Ses camarades plus ou moins en retrait sont très présents.
La comédienne qui se veut cette Sarah Pearl, amie de toujours de son Elias est prise en otage par ses camarades ; s’ensuit un interrogatoire qui constitue la longue phase trois du spectacle, son labyrinthe à elle.
Et vous, vous en sortirez-vous ?

Théâtre 13, jusqu’au 18 avril. Mardi, mercredi, vendredi à 20h30, jeudi et samedi à 19h30, dimanche à 15h30. Réservations : 01 45 88 62 22