26 mai 2010

Dominici

DOMINICI, texte de Marc FAYET. Mise en scène de Robert HOSSEIN.



Dans la foulée de Seznec, avec les mêmes décors et les mêmes comédiens, Robert Hossein nous propose un nouveau procès théâtral.
Qui ne connaît cette affaire des années cinquante, qui a pour décor les bords de la Durance et les Basses-Alpes ? Un savant anglais, Sir Drummond, est assassiné au bord de la route, ainsi que sa femme et sa petite fille, Elisabeth. Immédiatement, les soupçons se portent sur le clan Dominici, une famille de paysans, demeurant à quelques mètres. Et sur le patriarche, Gaston, madré et retors, qui avouera, se rétractera, sera accusé par ses fils et sera condamné à mort puis gracié par le Général de Gaulle.
Dominici, c’est Santini, immense comédien, qui apporte tout son talent et sa profondeur et compose un « assassin » d’anthologie. Après la « Confusion des sentiments », d ‘après Szweig, monté dans « son » théâtre (l’excellent Mouffetard) voici encore une nouvelle facette de ce grand acteur et homme des planches. Pierre Santini, c’est Dominici, la canne vite brandie, le verbe haut, terrorisant avec aisance, manipulant avec naturel. Les seconds rôles paraissent un peu fades à côté de lui mais n’était-ce pas ainsi dans la réalité ?
L ‘exposé manque parfois un peu de profondeur et l’on vote sans grande conviction : là ne réside pas l’intérêt dans cette affaire où l’humain, les rapports de force, le non-dit, le mutisme jouent un rôle essentiel.
Par Santini, Dominici vaut d’être vu. On ne s’y ennuie jamais même si, à aucun moment, n’est envisagée une autre possibilité que la culpabilité du clan, de son chef ou d’un de ses fils.
Du théâtre-réalité. Une bande dessinée en chair et en relief.

Christian-Luc Morel.

Théâtre de Paris, 15 rue Blanche, Paris IXème (métro : Blanche ou Trinité)
Location : 01 48 74 25 37. Du mardi au samedi à 20h30. Pré-soirée le samedi à 16h30.
Matinée le dimanche 15h30. Actuellement.