13 juillet 2010

Blogueuse

Blogueuse, de Francesca Serra et Titiou Lecoq
Adaptation et mise en scène de Camille Kiejman
Elles sont trois sur scène, jeunes, ravissantes, bougeant et bondissant parfaitement, en short ou en robes classiques et élégantes chaussures à très hauts talons . Elles manient plus qu’habilement trois chaises, leurs seules partenaires, et partagent un personnage unique : celui de la blogueuse irrépressible qui passe sa vie à (se) la raconter : moi et les autres, les autres et moi. Tout y passe: problèmes autrefois qualifiés d’existentiels, mais qui en 2010 sont dépassés par le non-dit, le plus-dit, et le trop-trop-dit .
Evidemment votre blogueuse du départ a fait des études plus que supérieures et la manière dont elle s’exprime renvoie au filet un spectateur moyen qu’elle désemparerait sauf si lui aussi est titulaire d’un bac plus-plus-plus… et c’est là où ça pourrait commencer à coincer. Cette blogueuse fausement naïve et interloquée n’est-elle pas en train de faire un numéro ?
Vos charmantes se sont mises à se trémousser, à mimer - parfaitement car elles ont un métier d’enfer- des grand-mères sourdingues ou des messieurs du genre profs archi-sadiques. Elles continueront à être excellentes dans un genre déjanté.
Noirs, re-noirs, ça repart. Ce spectacle, censé durer une heure, mais nettement plus long, ne peut surtout pas être comparé à une succession de sketches débridés : il a une trame et un argument de départ : si la blogueuse s’en prend à nous et nous interpelle c’est qu’elle s’est fait remettre en question(s) par le départ de son… (1) partenaire, (2 ) petit ami, (3) fiancé,
(4) amant torride ou/et …(4bis) parfaitement incompétent…bref (5)l’homme avec lequel elle pensait pouvoir fonctionner en binôme et cela pendant un certain temps (vous cocherez) . C’est un rocker - « fais-moi mal Johnny-Johnny-Johnny… envoie- moi au ciel ! »- et il s’appelle Max.
Ces dames auteures, adaptateures et metteures en scène sont plus que malines, à la toute fin elles font intervenir un homme-super-mâle responsable qui les recadre, mais calmera-t-il leurs angoisses à demi-vraies autant que renouvelables ?
Nous avons ri , le public se contorsionnait et hoquetait.
Allez voir ce spectacle à la Manufacture des Abbessses où tout est forcément cousu-mains, donc authentique et généreux.La Manufacture des Abbesses, à 19 heures jusqu’au 8 août. Réservations : 01 42 33 42 03
www. manufacturedesabbesses.com