13 juillet 2010

Venise sous la neige, de Gilles Dyrek

VENISE SOUS LA NEIGE de Gilles DYREK

L’été, les théâtres pratiquent deux politiques : la ferneture ou l’ouverture…à de jeunes talents prometteurs. Si l’on se souvient que la plupart des salles sont climatisées, il faut dourir, vite, applaudir de rafraîchissantes comédies, aux répliques acidulées et aux dames en robes courtes. « Venise sous la neige », sous des airs légers, évoque des figures de notre « contemporanité » (avec ou sans trait d’union). Un couple de « bo-beaufs » (croisement de bobos et de consommateurs de télé) attend un autre couple à diner. Dîner est un grand mot : salade vide-frigo, rata gratiné aux particules de parois de four et tarte ratée (Tiens, ça vous dit quelque chose ?) Les invités sont charmants mais on s’est enguirlandé dans l’auto : g.p.s. en panne ou perte de sens existentiel ? La jeune dame – Patricia- va inventer une histoire abracadabrante pour pimenter la soirée et asticoter son bien-aimé. On va se payer à la fois du bobo à bons sentiments et rentrer dans le gnangnan à la hache…Délectable.
Le jeu de massacres est servi par quatre comédiens vifs et convaincants. Patricia la délirante est incarnée par l’exquise Maud Dreyer, irrésistible de beauté, de charme et de talent. Elle danse, se travestit, arrache les pansements rose-bonbon de ces deux groteques, faces éberluées de Labiche, sans favoris ou face-à-main, Perrichon de l’humanitaire et « du développement durable pour sauver notre planète bien commun »…etc. Son ami, Florian Guérin, tente de résister à cette vague géante et délicieusement scélérate, et campe un jeune dom juan exaspéré et aimant à la fois avec beaucoup de conviction. Quant au couple organisateur de ce dîner – de c…, dont ils deviennent les ivités d’honneur – Nicolas Lorcy et Alexandra Moussai – ils sont tous deux typés et caraicaturaux à l’extême, hilarants, jouant les bêtas sans limites, gluants de guimauve, héritiers paumés de Dany Le Rouge et de « Nous deux magazine ». La mise en scène de Christian Bujeau, un peu lente au début, permet toutefois une progression de la situation.
Rire et détente garantis et san aucune vulgarité de langage…Et le sens du titre ?
A vous le découvrir !

Christian-Luc Morel

Petit-Hébertot, à 21h 00 du mardi au samedi, matinée le dimanche à 16h30. Jusqu’au 12 septembre : Réservations : 01 56 63 96 96