28 août 2010

Ce qui arrive et ce qu'on attend

Ce qui arrive et ce qu’on attend, de Jean-Marie Besset
Mise en scène : Arnaud Denis
Avec Virginie Pradal, Arnaud Denis, Blanche Leleu, Adrien Melin, Jonathan Max-Bernard, Niels Adjiman et Jean-Pierre Leroux

Un écrivain brillantissime (Besset) un très jeune metteur en scène sur-doué qui est en même temps un comédien plus qu’efficace (Arnaud Denis) une comédienne prodigieuse et tonitruante (Virginie Pradal), son partenaire également très confirmé (Jean-Pierre Leroux) et des juniors (Blanche Leleu et ses camarades Adrien, Jonathan et Niels) de grand talent. Une pièce créée en 1993 qui, à l’époque, a d’emblée séduit son public.
Le Vingtième Théâtre, une fois encore, a fait les bons choix, le titre ambigu et alléchant, philosophisant à l’extrême de la pièce étant le premier.
L’intrigue ? un projet fou : construire un premier monument sur la lune, où l’homme vient d’atterrir et pour cela choisir l’homme à mettre aux commandes.
On s’imagine revenu aux années où à Paris il fallait adouber (avez-vous dit tirer au sort ?) l’architecte forcément idéal qui concevrait un Forum des Halles et un Centre Pompidou détonnant ou même cent-vingt colonnes plus qu’intempestives dans un lieu autrefois sérénissime, etc. nous étions alors en Mitterandie .
Soit un concours d’architecture, ah les architectes ! et puis le Grand architecte est universel, bien sûr .
Tout peut commencer ; les comédiens beaux et efficaces incarnent des personnages plus que complexes : il y a un jeune monsieur sympathique et sa jeune madame aux longs cheveux fous résolument érotiques qui s’aiment probablement. Il y a aussi des couples homme-femme fortuits ou pas, qui s’ébattent en ‘live’ sur une table qui ressemble à celle où vous atterrissez chez votre généraliste.
Et une redoutable diva vitupérante, ministresse de son état, perchée sur des talons de quinze bons centimètres, qui détient le pouvoir ! Or le pouvoir ne rend-il pas fou ?
Mais d’abord et surtout « deux mondes » comme le veut le metteur en scène qui a opté pour un décor avec couloir s’ouvrant brusquement au centre du plateau sur un arrière-plan aux lumières rougeoyantes. Des portes latérales s’ouvrent également, des sièges genre strapontins jaillissent de la cloison faisant office de toile de fond. Plusieurs lieux avec aussi une « garçonnière de luxe » où deux bons jeunes gens, soit… Amitiés et amours d’enfance, puis d’adolescence avec le sida qui rôde.
Moralité: « on s’empresse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer », le metteur en scène cite ici Beaumarchais et parle de son propre amour pour une « poésie étrange et décadente. »
Mais cette pièce plutôt longue va souvent dans tous les sens et nous nous rendons compte que nous en faisons de même en tentant de la commenter.
Spectateurs, à vous la parole.

Vingtième Théâtre jusqu’au 31 octobre, du mercredi au samedi à 19h30, dimanche à 15 heures, réservations au 01 42 81 35 23