14 septembre 2010

Dom Juan de Molière

Par la compagnie « Les souffleurs de vers » troupe universitaire de l’Institut Catholique de Paris, mise en scène de Corine Thézier et Robert Bensimon.
Monter la pièce la plus sidérante, la plus métaphysique de notre répertoire et engager pour la servir de jeunes étudiants destinés à devenir ? peu importe… mais pour qui ce ‘passage’ par le théâtre les aura révélés à eux-mêmes, tel est le pari (tenu) de Corine Thézier et Robert Bensimon, metteurs en scène, scènographes et directeurs d’acteurs de cette troupe qui se produira dans des festivals d’été, au coeur de la France, en 2011.
Dom Juan … ce provocateur, manipulateur mais aussi et d’abord cet être ‘largué’, enfant capricieux prolongé et même vrai ‘pervers-quelquechose’ comme le définissent nos psy de service. Quant à Sganarelle, être de caste inférieure, domestique dont le destin est lié à celui de ce maître qu’il aime, admire, adore, redoute, mais ne peut pas quitter… qui est-ce au juste?
Ici Dom Juan-ci est raide, énigmatique, pourquoi pas… et Sganarelle a un visage barbouillé clownesquement et la bouche toute ronde. Il nous dédie ses mimiques tordantes, et caracole en permanence. Les jeunes filles sont appétissantes, souriantes et gracieuses.
Dom Carlos, Dom Alonse et Dom Louis (père de Juan) sont nobles et élégants, et leurs camarades dans des rôles plus épisodiques sont à louer, particulièrement ce Pierrot bondissant et rebondissant, à la présence plus que singulière.
Le décor qu’Amy Giuliani a conçu et réalisé consiste en des panneaux sombres et des tissus peints, évoquant Juan,
sorte d' "aspirateur d’âme ". Elle a voulu une statue du commandeur sorte d’ épouvantail XXL terrifiant et sans vrai visage.
Mise en scène ingénieuse pour une troupe alerte et enthousiaste.
Ce spectacle créé à l’Institut Catholique en avril 2010 vient d’être repris dans le cadre de L’été continue dans le 12ème et joué dans la cour de cette magnifique mairie.
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