15 septembre 2010

Jeux de scène de Victor Haïm

Jeux de scène, de Victor Haïm
comédie mise en scène par l’auteur
avec Katherine Mary et Valérie Zarrouk
Lumière : Florent Barraud

Vraie scène de faux-ménage pour deux femmes . Gertrude auteur(e) plus que ‘branché(e)’ a engagé l’effervescente Hortense qui brûle de se faire ovationner sur les planches dans le rôle unique d’une pièce à laquelle la dramaturge tient. Elles se préparent à une première répétition dans un théâtre prestigieux, mais dont le décor est totalement absent. Premier clin d’œil d’un Victor Haïm facétieux et fascinant, permanent explorateur d’âmes, comprenez ‘métaphysiste’ et qui, pour cette pièce, s’est vu attribuer le Molière du meilleur auteur dramatique vivant en 2002.
Nous sommes face à un mur de fond nu, vision inconfortable… mais le régisseur lumières est à son poste dans le local technique à l’autre bout de la salle.
Tout peut, tout doit commencer.
Avant d’attaquer leur texte les comédiens sont sensés se mettre en confiance et ‘échanger’ avant de se lancer, ‘se chauffer’, comme on dit?
Cette fois ça chauffe vite.
Pourquoi se sont-elles choisies et qu’ont-elles à faire ensemble ? D’accord, Gertrude aime les dames et Hortense existe surtout grâce à ces messieurs qui la joignent sur son portable et même ailleurs, à ceux qui la comblent presque, lui donnant l’impression d’exister. Pourtant, l’une pour l’autre…
Gertrude au régisseur : « On pourrait tenter d’y aller ». Soit !
Iront-elles à un certain charbon et lequel ?
Gertrude c’est Katherine Mary, allure faussement réconfortante, voyez la chancelière Merckel ou autre Hillary Clinton , mais souriante, plus qu’efficace et à la voix suave. Elle est redoutable.
Valérie Zarrouk est ‘son’ Hortense-à-elle : silhouette plutôt Céline Dion, avec cheveux longs d’un bon mètre au moins, dégringolant dans le dos, personnage déménageant .
Déluges de rosseries, règlements de comptes pas toujours tenus à jour, fausses sorties et faux coups de vrai théâtre avec et fin en manière de non-lieu.
Donc : « en scène et on reprend… »
C’est tout bonnement vachard et jubilatoire.

Théâtre Le Ranelagh, mercredi, jeudi,vendredi, samedi à 21h. Dimanche à 17h. Réservations : 01 42 88 64 44.