24 septembre 2010

Le mal du pays

Le mal du pays, d’Audrey Daoudal et Mathieu Alexandre
Mise en scène : Audrey Daoudal et Mathieu Alexandre
Avec Mathieu Alexandre, Moustafa Benaïbout, Audrey Daoudal, Katia Ghanty.
Le mal du pays, mais quel pays ? un pays d’avant, d’après, ou même d’après-après ?
Ne pas tenter de résumer la pièce, car dès les premières minutes vous avez basculé dans un rêve qui pourrait virer au mini-cauchemar et aussi titiller les absurdistes-surréalistes d’aujourd’hui qui (mieux encore que leurs arrières-arrières grands-parents ) ont en main les clés de tout.
Un joli et touchant jeune homme avec son gros sac à dos (Moustafa Benaïbout) a utilisé la sienne pour fermer la porte d’entrée de la salle où nous sommes ; où croit-il avoir débarqué et cela va-t-il nous valoir un huis-clos? Il est sur scène, déprimé après une rupture, il avoue avoir adressé un SOS à sa mère pour le lui dire, la laissant envisager le pire. Débarquent un homme fringant à l’allure assurée de jeune patron d’entreprise en costume-cravate (Mathieu Alexandre), une femme avec un étrange casque et des lunettes, du genre déjanteuse (Audey Daoudal), une jeune fille touchante à la robe à fleurs désuètes et petites bottes pour Chaperon rouge (Katia Ghanty)..
Ils se sont mis à raconter leurs vies, plus ou moins désopilantes. Cependant sur le plateau ça se déchaîne: énormes lumières déversées par les projecteurs, musiques tonitruantes, suaves ou glorieuses. Les mouvements des comédiens sont très chorégraphiés, ils dansent pour de bon, s’envoient au tapis, grimacent en se relevant. Vous hasardez: café-théâtre, cirque, grand-guignol? Vous avez tout faux: ici ces genres sont transcendés et tout se déroule sur un mode fantaisiste mais surtout poético-onirique. Les jeux de scènes du genre intermèdes se répètent, cela aurait pu devenir systématique et lassant, mais au contraire on se met à guetter leur prochain passage et en être reconnaissant à cette équipe singulière, cohérente et rodée.
Des tissus très colorés et entre-noués, genre linges pour corde, sous lesquels s’est réfugiée ou se réfugiera la comédienne numéro un ou deux, une grosse balle rouge, qui roule, symbolique, vous renvoie qui vous renvoie à la course du monde, celle des astres et d’abord à celle de l’enfance .
En ce début de saison Le Funambule Montmartre, dans le cadre Théâtre et curiosités… nous propose des spectacles se faisant écho (voyez les titres), et il nous semble que celui-ci, abouti grâce au travail méticuleux de sa troupe, est authentiquement funambulesque..
Guettez ses reprises.
Le Funambule, lundi 27, mardi 28, mercredi 29 septembre à 20h.
Réservations : 01 42 23 88 83