19 septembre 2010

Léocadia, de Jean Anouilh

Léocadia, de Jean Anouilh
Mise en scène : Thierry Harcourt
Léocadia est une ‘arlésienne’, on ne la verra pas sur scène et pour cause : cette cantatrice roumaine est morte, après avoir embrasé le cœur du jeune Albert, prince russe de son état. Il l’a idolâtrée trois jours durant , et puis s’est produit cet accident stupide avec une écharpe qui étrangla la diva . Mais c’est là que s’installe le monde de conte de fées qu’Anouilh ne renie jamais, même si ses contes à lui, frais, roses et ravissants, s’altèrent pour devenir parfois gris ou noirs .
Une duchesse, née d’Andinet d’Andaine (« dondaine, dondaine, dondon ») veuve de Gaston dont elle n’a pas eu d’enfant, et tante du prince, a décidé de consoler Albert en lui faisant revivre sa romance. Ayant repéré chez sa modiste une ravissante jeune employée, Amanda, elle décide que c’est le sosie de Léocadia, la convoque en vue de l’embaucher et de lui faire rencontrer Albert. Celui-ci face à une copie pas vraiment conforme de sa dulcinée, libéré de ses illusions, remettant les pieds sur terre, retrouvera-t-il le goût de vivre ?
Enjôleur, enjoué, farceur, et plus qu’habile Anouilh nous trimballe, nous fait rire et rêver, grâce à Jacques Rouveyrollis aux lumières, Francis Poulenc à la musique revisitée par Eric Slabiak, Patricia Rabourdin avec son décor énigmatique au départ mais vite apprivoisé et puis les comédiens.
Geneviève Casile est une duchesse plus que péremptoire. Noémie Elbaz rayonnante et Davy Sardou juvénile, sont Léocadia-bis et son vrai prince. Jean-François Guilliet et son alter-ego Pierre Dumas sont truculents dans des rôles de domestiques stylés puis de garde-chasse, marchands de glace et autre figurants que la duchesse a convoqués pour reconstituer le monde où Albert et Léocadia ont vécu leur idylle.
Cédric Colas, baron Frédéric, parent et confident que la duchesse ne juge même pas bon d’écouter jusqu’au bout, est vaudevillesque.
La didascalie finale d’Anouilh précisait que le rideau devait tomber « sur une petite ritournelle pas trop triste ». La musique qui accompagne ce spectacle est franchement emballante.
Théâtre 14, mardi, vendredi à 20h30, mercredi, jeudi à 19h, samedi à 16h et 20h30. Réservations : 01 45 45 49 77.