23 octobre 2010

Barbara de l'Ecluse au Châtelet

Barbara de l’Ecluse au Châtelet.
Avec Marie-Hélène Féry (jeu et chant), Rober Pouly (piano) et Sergio Tomassi ou Jacques Ferchit (accordéon).
En ce début de saison où tant de spectacles sont repris ou se créent, au prestigieux Théâtre de l’Œuvre (Paris - rive droite) se donne « Les dames du jeudi » pièce qui nous avait enchantés en 1976. Mais rive gauche, à Saint Germain des Prés, dans une de ces caves des bords de Seine que l’Europe nous envie, officie une étonnante « dame du mardi » : une fois par semaine Marie-Hélène Féry y devient la « dame brune », cette Barbara qu’elle avoue avoir portée en elle pendant si longtemps et dont elle n’a osé accoucher qu’après avoir compris qu’il le fallait, pour elle comme pour nous, parce que « ses chansons disent l’amour , la mort, la solitude, le temps qui passe, mais aussi la révolte, la différence, la beauté de la vie et de la nature, l’espoir et le bonheur de vivre. »
Spectacle habile et tendre. Soit deux époques. La première nous ramène aux années où Barbara, pianiste et chanteuse a décidé de servir les auteurs et poètes qui la nourrissent et la font exister et qui, comme elle, sont en recherche sur un chemin dont elle aime tout ignorer des méandres et de ce qui se présentera aux prochains tournants : Brel, Brassens, entre autres.
Ne vous étonnez-pas si , déjà, la jolie voix de Marie-Hélène est devenue le double de celle de cette dame qui, d’ailleurs, ne s’en étonnerait pas. Filiation mais aussi osmose.
Les musiciens remarquables professionnels et dont l’éloge n’est plus à faire, en nuances et en force depuis le début du spectacle prennent sa relève et, seuls, rendent hommage à Barbara en nous offrant ce qui n’est pas qu’un simple intermède tiré d’une dizaine de ses compositions.
Et puis Marie-Hélène se met à chanter Barbara, telle qu’en elle-même , les lieux en France qu’elle nous fait découvrir ou re-découvrir : son ‘Petit Bois de Saint Amand’ et ‘Nantes’ où il pleut si intensément. Elle raconte la genèse de ce ‘Gottingen’ composé par amitié , et chante ses doutes (l’Aigle noir plane un temps avant que surgisse un Aigle blanc) ses cantates et ses joyeux Noëls.
La comédienne-chanteuse et interprète en tenue noire, si sobre quand elle est face micro ou micro à la main, s’anime quand elle le pose et chante à voix nue comme cela se faisait autrefois au cabaret. Elle est si lumineuse, charnelle, sensuelle… nous nous rendons compte que notre plus belle histoire d’amour c’est elle qui nous l’offre.

Théâtre de Nesle, tous les mardis à 21 heures. Réservation : 01 46 34 61 04