18 octobre 2010

Le dernier venu

Le dernier venu, de Roger Défossez
Mise en scène de Xavier Lemaire
Avec Guylaine Laliberté et Bernard Carpentier.
Alors que Sacha le magnifique, spectacle de et avec Francis Huster, vient de se donner, pour notre grand plaisir, dans un lieu parisien prestigieux des Grands Boulevards, voilà que l’étonnant et magique Essaïon au coeur du Marais nous offre ce que nous aimerions surnommer : ‘Ponpon le mirifique’. Qu’ont Sacha et Ponpon en commun ? Rien, si ce n’est que ces deux êtres à la personnalité forte sont rejoints par des jeunes demoiselles dont ils feront leurs confidentes à moins que ce soit le contraire.. Cela nous change enfin de ces couples de quadra-quinquas au bord de la crise de nerfs qui, sur scène une cette saison de plus, règlent ce qu’ils croient être leurs vrais comptes, habilement et même drôlatiquement parfois, mais qui ne font jamais avancer le schmilblick d’un millimètre .
Ponpon est un clochard, homme aussi libre qu’engagé et métaphysique. Blagueur-raisonneur il enchaîne citations, bons mots et autres jeux de mots qu’il a mis de côté pour qu’ils lui servent de viatiques...au cas où. L’auteur avoue que sa rencontre avec un authentique SDF près de ce Théâtre de la Huchette (où il a joué la Cantatrice chauve des milliers de fois) a « excité son imagination ». Sa Patricia (Patacrêpe ?) porte des socquettes, et des cheveux noués en couettes, voyez années Sheila. Sa famille est en pleine déconfiture : parents et grand-parents carrément hors-jeu, absents ou malades. Elle loge au quatrième - forcément sans ascenseur- chez sa mère dans l’immeuble au pied duquel Ponpon s’est ‘domicilié’. On lui a enseigné qu’elle ne doit jamais (dans la rue ou ailleurs) répondre au premier venu. Mais Ponpon clame qu’il est et restera un vrai dernier venu.
Mais qui devient-il dans l’ épisode où notre jeunotte redescend sur scène en tenue de mariée ?
Huit épisodes- séquences régis par des noirs, de parfaits bruitages et des ré-occupations de décors avec lumières toujours inventives . La scénographie avec utilisation de la cave et surtout de ses escaliers est plus qu’ingénieuse. Les comédiens : Bernard Carpentier dense, habité, intense et sa ‘crevette’ : Guylaine Laliberté, bondissante, rigolote, surréaliste, et parfaitement en phase avec lui, nous ont fait décoller. A votre tour !

Théâtre Essaïon, les jeudis, vendredis et samedis à 20 heures.
Réservations : 01 42 78 46 42.