23 décembre 2010

Au nom du fils, d’Alain Cauchi

Mario et Carmela, frère et sœur qui vivent ensemble dans une maison simplette du côté de Martigues nous informent - accent enchanteur- que leur père qui vient de mourir subitement est installé dans la pièce d’à côté. Ils convoquent la famille pour les obsèques. Débarque Pierre, l’aîné, authentique « réussite sociale»
- comprenez escroc- qui a fait fortune dans les viandes importées, - mais pas forcément conformes aux normes de chez nous, accompagné de sa femme Hortense. Style BCBG, plantureuse avec collier de grosses perles, elle se fait psychanalyser depuis qu’elle a compris que son mari va voir ailleurs et qu’elle en est réduite à tenter de maîtriser ses pulsions. Arrive enfin la redoutable Mamma tout en noir ; née en Sicile elle avait récemment divorcé du défunt parce qu’elle en avait assez de se soumettre à ses pulsions à lui. Imperméable et impérieuse, elle ne sourit ni ne plaisante jamais, à la différence de ses rejetons des Bouches-du-Rhône, mais elle tranche et rogne. Le ton est donné, ça sera : « ce qu’on dit » mais aussi « ce qu’on doit éviter de dire ». Tenez : que Mario vient de passer six mois en prison dont il est ressorti flanqué du bracelet que vous savez … et quant au mari de Carmela, où est-il au fait ? Rassurez-vous, elle se console avec…
On organise l’incinération du père, et on parle héritage. La mère finira par faire s’embrasser tout son monde, fils et fille à genoux devant elle.
La mise en scène d’Etienne Bierry est tellement soignée qu’elle en devient aussi hyper-réaliste et touchante que le décor. Les comédiens, Alain Cauchi en tête sont plus qu’ébouriffants. C’est jovial, truculent, la galéjade est omniprésente ? Ce spectacle est de la même veine que ces aimables « Belles familles » du même auteur donné en 2008 à la Comédie Bastille.
Théâtre de Poche Montparnasse, du mardi au samedi à 21h, matinée : samedi à 17 h
Réservation : 01 45 48 92 97