05 décembre 2010

Ecrits d’amour, de Claude Bourgeyx

Mise en scène et interprétation : Jean-Claude Falet avec la complicité de l’auteur.
Rarement un titre aura été aussi explicite et on en sait gré à l’auteur et à son metteur en scène.
Il s’agit donc de lettres envoyées par Lui à sa probable Elle, et des réponses d’Elle à son certainement Lui (?) et leurs vice-versa.
La passion, le désir, l’enchantement, le désenchantement, le ré-enchantement, la re-déception, et le train-train quotidien, le courrier du - ou des- cœurs. On reprend et on enchaîne…
Un comédien rectiligne en costume très luisant, allure distinguée avec ou sans chapeau, voix plutôt métallique. Le plateau est jonché de feuilles qu’il fait mine de lire. Ça et là des chaises et des bancs recouverts de tissus cliniquement blancs dont il se ceindra et se servira - mini ou maxi déguisements- pour devenir alternativement Monsieur Machin et Madame Truc, un Marcel et une Denise bien de chez nous, plus un souverain pontife (mais alors pourquoi pas une Mère Térésa ?) et la clique.
On clique… peu importe : ce spectacle fait vite naviguer entre burlesque à bâbord et farfelu à tribord, mais qu’en est-il du cap ? Séquence plus que survoltée: le personnage confesse ce qui le tripatouille et ses mots deviennent très palpables. Mais un désenchantement rapide, et notre sœur l’amertume sont vite au coin de ce texte à l’écriture lente, parfois laborieuse.
Séquence finale: Jean-Claude Falet soudain chaussé d’escarpins rouges avec talons du genre sept centimètres, au moins, a légèrement remonté son joli pantalon pour qu’on puisse voir le bas de ses jambes et ses collants noirs. Une énorme voix off l’enjoint de quitter le plateau, par ce que ça va bien comme ça et que… bien joué, il obtempère, et on rit.
Manufacture des Abbesses, jusqu’au 9 janvier, les jeudis, vendredis, samedis à 21 heures, les dimanches à 17 heures. Réservations : 01 42 33 42 03