21 décembre 2010

La Grammaire, de Labiche

Deux amis de toujours : Caboussat, ancien négociant Arpajonnais et Poitrinas, président de l’académie d’Etampes et passionné d’archéologie. Le premier se verrait bien siéger au comice agricole, au conseil municipal, devenir maire, conseiller d’arrondissement, et puis hé-hé ! conseiller général. Mais il y a un hic, il est incapable d’écrire une lettre correctement, fâché qu’il est avec l’orthographe, les terminaisons des verbes et incapable de faire le tri entre les noms se terminant en « -ssion » et ceux qui finissent en simple « tion ». Heureusement Blanche sa fille rédige ses lettres et autres communications (ou ssions ?). Il est exclu qu’elle le quitte pour épouser quiconque résiderait ailleurs qu’à Arpajon. Poitrinas a un fils Edmond (dont Blanche est tombée amoureuse, ce qu’elle n’a pas osé avouer encore à son père) et s’il est venu rencontrer Caboussat, c’est pour négocier un contrat de mariage avec lui. Et puis il y a le vétérinaire Machut, père de famille déjà nombreuse, qui boit jusqu’à treize verres de vin à la santé de ceux dont il veut défendre la cause mais qui est amoureux de ses animaux. La preuve ? il tente de soigner ou de réanimer les bêtes qui, après avoir brouté dans le jardin de Caboussat et les prairies avoisinantes, sont prêtes à succomber. La faute à qui ? à Jean, domestique de ce dernier qui cassant toutes sortes de vaisselle, ce qui contrarie bien sûr Mademoiselle Blanche, les y enfouit et que Poitrinas les exhumant systématiquement prend pour des vestiges romains. Vestiges ? à ce stade-là on en est à vertiges et même à tournis…
Après toutes sortes d’épisodes - burlesques forcément - Blanche sera unie à son Edmond qui, lui aussi a un défaut : il fait des fautes… d’orthographe, de grammaire, ou serait-ce les deux ? qu’il n’a pas oser avouer, à qui déjà ?
Diane de Ségonzac, à qui l’on doit une mise en scène rapide et pleine de clins d’yeux, a voulu que Poitrinas (Hervé Colombel) et Caboussat (Alain Rignault) aux ‘egos sur-dimentionnés’ plastronnent, s’écoutent parler fort, tandis que Jean (Valentin Terrer), héritier d’un Figaro perspicace , impertinent voire vachard, dénonce les tics de son maître et des proches de celui-ci. Le vétérinaire (Michael Msihid), homme forcément de science, de savoir-faire et péremptoire, est droit dans ses bottes en caoutchouc. La gracieuse demoiselle, cette « fée » de son papa Caboussat (Eva Sedletzki), est très terrienne et convaincante dans un monde burlesque et plus qu’un brin surréaliste. Vous les aimerez.
Théâtre du Nord-Ouest, jusqu’au 3 mars, dates et réservations :
01 47 70 32 75 et www.theatredunordouest.com