07 décembre 2010

Mon Isménie, de Labiche

Mise en scène : Jean-Luc Jeener
Avec Laure Brend, Emilie Duchenoy, Djahir Gil, Syla de Rawsky, Pierre Sourdive
La plus qu’accorte Chiquette en tenue de servante des années 1850 brosse et caresse une veste posée sur le dos d’un fauteuil; il s’agirait d’un vêtement appartenant au 'prétendu' de la fille de son maître, convié la veille à résider chez eux à Châteauroux, vraie France. Le patron de Chiquette est Monsieur Vancouver, la fille de celui-ci se prénomme Isménie et celui qui souhaiterait l’épouser s’appelle Eusèbe Dardenboeuf. Mais il y a aussi Galathée, sœur de Monsieur Vancouver, richissime tante d’Ismènie… cliquez donc sur dot.
Dardenboeuf est le neuvième candidat à la main d’Isménie, les précédents ayant été systématiquement récusés par un papa qui aime trop-trop-trop cette fille qui ne souhaite pas (ses vingt-cinq ans seront révolus dans quelques mois) coiffer la Sainte Catherine.
Une comédie se termine par un mariage. Oui, mais avant cela, le père de Mademoiselle et son gendre potentiel se seront tendus des pièges, style matches de boxe, ce qui donnera entre autres : Eusèbe-le-jeune-prétendu « J’ai aimé deux femmes : ma mère et ma nourrice » versus Vancouver : « J’en ai eu trente-neuf ». La suite au prochain round.
Batailles de coussins, empoignades suivies d’embrassades et d’étreintes de jeunes gens émoustillés. Vacheries en apartés du futur beau-père destinés au soupirant puis réponses de celui-ci qui n’a surtout pas été mis K.O. pour autant. Tentatives faites par notre barbon (Vancouver est sexagénaire) pour compromettre le bondissant jeune homme qu’il aimerait surprendre fricotant avec la soubrette, laquelle verrait ainsi ses gages substantiellement augmentés. Nouveaux quiproquos, malentendus, vrais faux mensonges. Et si le père naturel du prétendu n’était autre que ce donjuanesque Van ? Fous rires inextinguibles de Tante Galathée. Réfugiés en coulisses, les jeunes chantent à gorge déployée escortés à la guitare par Eusèbe. La pièce, montée à l’ancienne mode, n’aurait duré qu’une petite cinquantaine de minutes. Grâce à Jean-Luc Jeener elle vous fera aboyer de rire pendant plus d’une bonne heure et quart. Les cinq comédiens et comédiennes ébouriffants portent des costumes gracieux réalisés dans des étoffes style 'madras'…à propos : Châteauroux, c’est plutôt l’Indre que l’Inde ? Pardon, mais Labiche transbahute tellement tout, cristi !
« Le salsifis a-t-il été assez gratté » ? demande Monsieur-beau-père en toute fin de partie ; salsifis ou salsi-beau-fils ?
Théâtre du Nord-Ouest, dans le cadre de l’Intégrale Labiche, en alternance jusqu’au 13 mars. Dates et réservations : 01 47 70 32 75