29 décembre 2010

Speed-dating, de Georges de Cagliari

Mise en scène de Sara Veyron
Vous connaissez le mode d’emploi de telles rencontres très minutées : deux personnes célibataires cherchant partenaire en vue de… peu importe. La règle du jeu étant qu’ils sachent vite si la ‘mayonnaise’ ayant pris, ils ont décidé de se revoir. Qu’ils se le disent donc et le fassent savoir ‘à la caisse’ puisque s’ils ont eu affaire à des hôtesses, ni eux ni elles n’ont rencontré le patron de ce mini-super-marché de la vraie-fausse-drague, alias recherche de l’autre masquant peut-être une quête de soi-même. L’auteur semble adorer ce jeu de hasard ou de dés, partie de cartes avec versant poker qu’il récupère habilement. Sur la scène deux cabines jumelles aux couleurs vives ; dans chacune deux chaises et une table du genre pour bistrot. L’hôtesse plus que sexy et volubile, euphorique, se cogne contre les éléments du décor. Elle vient d’y accueillir une femme dont on comprend vite que, dans un registre différent, elle aussi a une ‘mission à accomplir’. Elle rencontrera des hommes, forcément perturbés, l’un a eu une mère pis qu’envahissante qui l’a dévasté, l’autre un père qui en a fait autant. Un troisième, prétendant transcender tout cela est devenu un macho distingué et qui en fait des tonnes. La jolie dame en recherche, non pas d’amants dont elle n’attend rien en fait, bavarde pseudo- métaphysiquement avec des partenaires plus largués qu’elles. Cela menace de tourner en rond. Intermède : sur ce qui se révèle être un écran, entre les deux ’loges’, une séquence filmée avec une jolie dame faisant des grimaces et souriant… plus inclusion d’images étranges. On reprend : les éléments de décor sont joliment déplacés. Y aurait-il quelque part un bar-défouloir près de ces confessionnaux ? Et puis tout bascule: la jolie dame très perturbée et métaphysiquante a fini par rencontrer le ’boss’. C’est bien lui qu’elle cherchait : il est responsable de ses malheurs à elle, qui pleure sa sœur tant aimée détruite par ce macho-là. Les comédiens sont très performants : celui qui joue les quatre rôles masculins (le fils à papa compliqué , le fils à maman du genre nunuche, plus le plastronneur odieux qui a tout compris à tout et enfin le patron cynique) fait un joli numéro, mais ce que l’auteur a baptisé tragi-comédie et qui a viré au mélo se termine en simple polar.
Théâtre Petit Hébertot, du mardi au samedi à 21 heures, dimanche à 16 heures 30. Réservations : 01 42 93 13 04