30 juin 2010

un chapeau de paille d'Italie

Un chapeau de paille d’Italie, de Feydeau
Mise en scène de Jean-Luc Jeener
Au Théâtre du Nord-Ouest le cycle Labiche vient de démarrer et pétarade déjà, donc…chapeau! On se souvient de cet affriolant bibi transalpin brouté par un cheval probablement plus myope que nature, affecté à une calèche… il appartenait à une jeune dame dont le mari - question de principes, n’est-ce pas ? - ne supporterait pas qu’elle ne le porte plus. Laquelle jeune dame … hé-hé… a un cher et tendre… Cristi, tudieu !
Scénario-bis, contradictoire et complémentaire : le mariage d’une vraie demoiselle est programmé et un cortège de noce est là, avec belles-familles et pères faussement nobles nunuches, vieux sourdingues inévitables ‘à demi-demeurés’ et parasites de service avec problèmes existentiels ou démangeaisons primaires.
Au TNO cela donne dix-sept comédiens remontant toutes sortes d’escaliers, les redescendant, cavalcadant , babillant ou hoquetant de rires légers-légers… parfaitement déshonnêtes?
Leur espace est aussi un joli non-lieu, puisque dans cette salle si étrange et si phénoménale le metteur en scène n’a voulu aucun élément de décor.
Les comédiens sont métaphysiques, faussement coincés ou ludionesques.
Ce Labiche-ci est le premier compte d’une folie qui va nécessairement devenir ordinaire.

Théâtre du Nord-Ouest, cycle Labiche jusqu’en mars 2011.
Dates et réservations : 01 47 70 32 75

25 juin 2010

L’histoire de Ronald, le clown de Mc Donald’s etc.

Textes de Rodrigo Garcia

Sur la scène une petite structure : cette espèce de cabine aux parois en toile et aux couleurs très primaires. Un demi-rideau rouge qui relie la gauche à la droite et coupe en deux les comédiens ; donc d’abord torses, uniquement. Deux jeunes gens et une jeune femme qui gigotent, se trémoussent, se sont mis à raconter une histoire qui se révèlera n’en être surtout pas une, puisque le texte n’est qu’un copié-collé de sketches mis bout-à-bout et vite à bout de souffle.
Le but de l’opération ? Se moquer, se foutre « parce que là, on y est » de la vulgarité de la société actuelle.
Nos trois affreux jojos, une fois le tissu rouge aboli, sont donc des sales gosses prolongés – bébés attardés - dans l’univers en plastique et en toc d’une salle pour jardin d’enfants bas de gamme : peluches etc. Mais on est au-delà de la dérision.
Ce qu’ils racontent ? C’est du racontage : leurs états d’âmes « vagues », leurs pseudo-révoltes. Et c’est reparti pour plusieurs tours, clowneries avec nez rouge, dansotteries, et puis l’un des trois s’adresse au public : « il y a des gens qui n’aiment pas, dans la salle ? »
Ça repart : gestes courts, mimiques bâclés. Ça rote, ça pète – ha ha ha ! – comme c’est drôle.
La comédienne est de plus en plus agitée et inexistante ; le Luxembourgeois se déjante ; le troisième homme tente de donner à ce bric-à-brac une existence. Ça ne dure qu’une heure, rassurez-vous.
Vingtième Théâtre, réveillez-vous : on est au 21e siècle, synonyme de progrès… On en aurait douté.

Vingtième Théâtre jusqu’au 25 juillet. Du mardi au samedi à 19h30. Dimanche à 15h. Réservations : 04 43 66 01 13

23 juin 2010

Permission de jardin, de et avec Isabelle Ganz

Mise en scène Jean-Pierre Davernon

Comédienne multi-emplois, qui a fait ses preuves dans toutes sortes de domaines, cirques, théâtres, cinéma, télévision…. Isabelle a décidé cette fois de faire semblant de devenir une certaine « Madame Marguerite ». On se souvient de la pièce de Roberto Athayde, créée par Annie Girardeau – artiste culte plus que grisante, encensée par la critique à l’époque – jusqu’à ce que, dégrisé, on se soit rendu compte que le texte valait un brin moins que tripette. « Je suis votre nouvelle maîtresse ». Isabelle Ganz est en robe rouge à vastes jupe et jupons par-dessous qu’elle relèvera systématiquement ; la scénographie simple implique cinq chaises, à gauche, à droite et au milieu de la scène, et sur lesquelles elles se posent alternativement l’une après l’autre. « Bonjour, je suis votre nouvelle maîtresse ».
S’ensuit un discours farfelu, décousu, qui se veut poétique et parfois métaphysique.
Donc un hérisson à sa gauche, un lapin à sa droite, leurs routes à tous deux se croisant plus que régulièrement et Madame au milieu qui, autre Blanche Dubois, finit par aboutir à l’hôpital psychiatrique. D’abord consignée dans sa chambre, elle aura enfin la permission d’aller au jardin, qui sait ? rencontrer les autres pensionnaires.
Un monologue d’une heure dont on sort perplexe, après avoir ri à certaines ‘sorties’ cocasses ou paradoxales.

La Manufacture des Abbesses, du jeudi au samedi à 21h, dimanche à 17h.
Réservations : 01 42 33 42 03
et manufacturedesabbesses.com

jusqu’au 5 septembre 2010.

14 juin 2010

Nunzio, de Spiro Scimone

Mise en scène Thierry Lutz
Avec Christian Abart et Christian Lucas
Sicile d’aujourd’hui ou de toujours : la patrie de l’auteur… l’écho c’est évidemment «mafia».
Nunzio (Christian Lucas) est dégingandé et maladroit, crédule, peut-être aussi un peu simple d’esprit ; gentil paumé il survit dans un local délabré : ce sous-sol où lui parviennent trop de bruits de la rue. Son frigidaire, un des éléments majeurs du décor, simple et parlant à la fois, est limite H.S. Il tousse : ses poumons sont abrutis depuis qu’il travaille dans des conditions insalubres.
Débarque chez lui un compère-compatriote : Nino (Christian Abart) , petit chauve à moustache ; mafieux bien sûr, et aussi tueur à gages. On comprend trop vite qu’ils ont besoin l’un de l’autre et qu’ils sont complémentaires : enfants abîmés à mi-parcours de leur vie ou peut-être même depuis bien avant. Ne nous dites pas que cela fait penser à certaines souris et à leurs hommes, à des gens qui attendraient un Godot de plus et cascaderaient de burlesque en baroque ou en surréaliste pour cantateur chauve ; il est bien évident que ces deux-là masquent ou travestissent ce qu’ils ont à dire, ce qu’ils veulent ou voudraient se dire et qu’ils vont éviter de le faire.
Lui et cet autre Lui, l’indicible attraction qu’ils ont l’un pour l’autre et ces rêves de gosses auxquels il ne peuvent pas renoncer: partir pour le Brésil ou l’Australie ? Évoquant ces possibles issues de secours ils deviennent alors des Tintin pour B.D.
Et puis… le spectateur ne voit pas le temps passer puisqu’il est dépassé par ces comédiens au tempo, à la gestuelle et aux déplacements minutieusement, prodigieusement réglés, et dont chaque haussement de sourcil, chaque clin d’œil, chaque éclat de rire (intensif et dérangeant pour l’un) chaque regard (démoniaque pour l’autre), chaque trop dit, chaque non-dit, chaque recueillement donne le tournis .
Spiro Scimone, servi par deux comédiens parfaitement en phase et une équipe technique qui ne l’est pas moins, vous emmène au Paradis.
Théâtre du Lucernaire, salle ‘Paradis’ jusqu’au 11 juillet. Du mardi au samedi à 19 heures. Réservations : 01 45 44 57 34

12 juin 2010

François d'Assise

François d’Assise, d’après Joseph Delteil
Adaptation : Adel Hakim et Robert Bouvier
Mise en scène : Adel Hakim
Jeu : Robert Bouvier
Un comédien seul, d’abord silhouette à genoux, puis en tenue décontractée d’ancien ‘djeune’ qui s’en irait à son nécessaire gymnase pour restructuration physique… voire morale ? Premier paradoxe, première provocation : une scène recouverte de graviers qu’il foule, pieds nus. Le metteur en scène a voulu un lieu quasi-désertique au départ, mais à transformations symboliques: entre le mur du fond et les immenses panneaux tout aussi gris-plomb, dans des lumières qui se déclineront tout en se stylisant toujours, s’aligneront à ras du sol des rangées d’épis, de ces plantes à qui François rendait hommage, comme il rendait hommage aux éléments, aux animaux, à la nature et à son créateur, dans un élan de foi et d’amour aussi sensé qu’insensé. On connaît le parcours sidérant de Frère François, mais Joseph Delteil - ici ‘enfrançoisé’ comme il le confesse- nous le repropose avec autant de respect que de fidélité. Il admire et chérit son personnage infiniment, lui, épris de la langue française : ces mots, phrases, musiques, lumières dont il a hérité qu’il ré-apprivoise, courtise, marie et dans lesquels il se fond, se réinvente, pour nous offrir des éblouissements qui nous épuisent pour mieux nous ressusciter.
Joseph… François… et puis cette Claire, dont François parle avec ravissement : sa consoeur visitée et investie, elle aussi par un esprit d’amour pour ses frères et sœurs humains.
Fougue, ferveur, passion et tendresse…
Robert Bouvier, nu ou pas, équilibriste, clown chaplinesque, à l’énergie de boxeur, aux voix, diction et intonations multiples, plus que déjantées, cet excessif fonctionnant à 200 à l’heure et qui en fait des tonnes serait-il donc ce François aérien, tendre, sensuel et métaphysique que nous portons en nous ?
A la séquence finale, vers les cintres et sur un fil tendu se sont installées des ampoules aux lumières rigolardes : serait-ce pour une fin lumineuse ? Certainement pas, car c’est de nouveau grisaille et tristesse. Les saints (dit-on) au moment de basculer dans l’éternel, ne savent pas s’ils seront dans un convoi pour l’Enfer ou seulement le Purgatoire.
Ce spectacle, créé en Suisse en 1994, est un triomphe depuis lors et que vous aimerez pour le texte, bien sûr, et pour la démarche d'Adel Hakim.
Théâtre Artistic Athévains, jusqu’au 11 juillet. Mardi 20h, mercredi et jeudi 19h, vendredi 20h30, samedi 16h et 20h30, dimanche 16h. Réservations : 01 43 56 38 32

06 juin 2010

L'Italienne à Alger

L’ITALIENNE A ALGER de ROSSINI

L’Opéra-Bouffe du maître italien, prétexte exotique à envolées vocales, offre une des plus jouissives partitions du répertoire.
Le Bey d’Alger –Moustapha – (la Turquie occupe alors, avant la France, cette contrée) se languit, auprès de sa femme Elvira, bonne mais ennuyeuse. Faite prisonnière par les Barbaresques, la sémillante Isabella correspond justement à ses attentes. Mais la belle Italienne, fort délurée, va lui apprendre la différence entre Chrétiennes et Musulmanes : la liberté. Berné par la rusée, le Bey va retrouver la douce soumission d’une épouse légitime avec soulagement.
Bizzini et Safonov s’emparent avec jubilation de cette œuvre légère et enjouée.
Comment s’attendre à une mise en scène de l’Opéra de Paris, du Met ou de la Scala ?
Il n’y a ni l’orchestre à cent têtes, ni les cuivres, mais le piano et les cordes d’interprètes brillants. Quant aux chanteurs, ils chantent juste et bien, même si cette version ne figurera pas dans les bacs à…lauréats.
Imaginez le cahotement du Carrosse d’or. A l’intérieur, les saltimbanques approchent de Mouffetard. La couturière a réparé la robe, déchirée en Champagne. Le ténor rugit, se gargarise, vocalise et passe la tête à la portière.
Voici tout le charme de ce spectacle : une troupe s’empare de la scène. Les artistes donnent et se donnent. Et le charme opère.
Qui chante le mieux ? Alba Isus, suivante. Mais Marie Blanc (Isabella) à la voix chaude et profonde, évoque autant Garance que Liza Minnelli, et bouge avec grâce.
Les hommes offrent quelques belles notes, avec un peu moins de constance.
On distinguerait presque la malle à vêtements d’osier, derrière le rideau rouge.
Les costumes de Thierry Grapotte évoquent l’enfance, les trouvailles au grenier.
Et c’est enfant qu’il faut se retrouver pour jouir de ce spectacle.
Comme pour l’opérette, Bizzini et Safonov ont introduit les intermèdes en français, ce qui aide à la compréhension de l’action. Bonne idée. Et les décors « gondolesques » rappellent les temps anciens du Mogador ou du Châtelet, belle fantaisie.
Sur ces tréteaux, l’amour et le don soufflent et chantent et osent, en prime, nous divertir.
Comment ne pas être heureux ?

Christian-Luc Morel

Théâtre Mouffetard, 73, rue Mouffetard, Paris Vème (métro : Place Monge)
Location : 01 43 31 11 99. Du mercredi au samedi : 20h30 (21h00 le samedi)
Pré-soirée le samedi à 17h00. Matinée le dimanche à 15h00. Actuellement.




Le passeport de Pierre Bourgeade

A la fin du XIXème siècle, sous le règne de l’Empereur de toutes les Russies Nicolas II.
A un poste frontière russo-polonais, une brave paysanne, Natalia, vient retirer le précieux passeport attendu depuis…un quart de siècle. Le douanier pointilleux et sourcilleux n’est autre que son ancien amour. Rien ne peut désormais l’empêcher de réaliser son rêve de départ…et pourtant !
Pièce drôle et féroce sur la bureaucratie qui traverse les régimes, « Le Passeport » déchire le cœur par la cruauté révélée des destins qu’elle broie.
La sémillante Muriel Adam excelle dans cette composition de victime qui se rebelle.
Russe et rousse jusqu’au bout de la natte, sautillant sur ses bottines, cette merveilleuse actrice aussi juste dans les facéties de servantes de Molière que dans les sombres échanges de « Parloir », nous donne, une fois de plus, une preuve de sa maîtrise, de son invention, de son métier, en un mot.
Face à elle, Hervé Colombel enfile la veste étriquée d’un fonctionnaire zélé et butor avec conviction et véracité.
Céline Bédéneau a imaginé une mise en scène à la fois épurée et précise, vive, efficace, très réussie et laissé à ses comédiens une liberté réjouissante tout en contenant la progression dramatique.
Spectacle fort et généreux, « Le Passeport » donne aussi à réfléchir sur cette humanité toujours plus contrôlée, sur ces « papiers » qui boivent la vie comme un buvard.

Théâtre du Nord-Ouest. Reprise ultérieurement.

Marie Ordinis.
http://marieordinis.blogspot.com
LE BLOG THEATRAL DE MARIE ORDINIS

05 juin 2010

Les indifférents

Les Indifférents, comédie musicale de Camille Turlot et Eric Szerman
Mise en scène Stéphane Cottin
Donné d’abord au Théâtre Daniel Sorano à Vincennes, lieu de découverte à la programmation étonnante (rendons hommage à sa direction qui prend tant de risques) ce divertissement vient de s’installer au Théâtre de l’œuvre là où Lugné Poë a fait découvrir au public Maeterlinck, Ibsen, Strindberg, tous fulgurants métaphysiques de base, pas vraiment rigolos, on programme maintenant quelque chose qui pourrait avoir eu affaire avec une opérette, certes en d’autres temps, mais avec la légèreté de l’été qui vient.
Ils sont cinq : deux dames et trois messieurs dont les identités se croisent, s’inversent, s’intervertissent et on en apprend de belles ! Macha, grosse jeune femme feint de ne pas comprendre -ou accepter- qu’elle est enceinte … mais de qui déjà? Béatrice à la peau noire et aux diplômes universitaires genre ‘plus-plus-plus’, ne trouve pas en France d’emploi à sa hauteur, quel est son avenir ? Les messieurs sont un professeur forcément très respectable mais que son métier « tu écoutes, tu répètes… et tu…. tu-tu-tu » a fini par rendre bègue, plus un joli fumeur (que fait-il donc dans la vie, au fait ?) dont on comprend qu’il a envie d’arrêter de le faire , mais pourquoi ? Il tombera dans les bras d’un « monsieur-dame » meneur-meneuse de revue et saura vite qu’ils étaient faits l’un pour l’autre.
Tous vivent leurs vies d’aujourd’hui tentant d’assumer leurs identités et de résoudre des problèmes aussi existentiels que ceux dénichés et imposés par des égéries, madones et autres Dolto ou Beauvoir. S’il fonctionnait au premier degré, comment expliqueriez-vous que le public de l’Oeuvre étouffe de rire dès les premières répliques ?
Sur le plateau, déplaçant des cabines (de bains d’autrefois à Deauville ou de déshabillage chez votre radiologue) montées sur roulettes, susceptibles de se conjuguer, se collatéraliser…et qui leur servent de refuges-alias confessionnaux, les comédiens parfaitement sonorisés, chantent en polyphonies accompagnés d’un simple piano. Eric Szerman co-auteur de ces belles et beaux indifférents, (merci pour le titre Monsieur Cocteau) responsable de la partition musicale a fait là le bon choix.
Des images projetées sur les cabines conviennent à toutes sortes d’univers .
Théâtre de l’Oeuvre, du mardi au samedi à 21h, réservations : 01 44 53 88 88

01 juin 2010

La papesse américaine, de Robert Poudérou

La Papesse Américaine, adaptation de Robert Poudérou d’après le pamphlet d’Esther Vilar.
Mise en scène de Thierry Harcourt, avec Nathalie Mann
Papesse …cette Jeanne des années 850 ? Déguisée en homme, cardinal puis pontife suprême, elle aurait malencontreusement accouché en public d’un enfant dont le concepteur aurait pu être homme d’église. Sacrilège, atrocité, enfer et damnation ! Un Anté-Christ n’est pas loin. Évoquant cette légende, ceux qui haïssent l’
Église Catholique Romaine jubilent depuis douze siècles et bien des auteurs nous ont donné leur version de l’imposture. Robert Poudérou, véritablement ‘engagé’, a aimé adapter cette « Papesse Américaine », pamphlet d’Esther Vilar, étonnante écrivain d’origine allemande auteur de pièces, de romans et d’essais qui cartonnent.
Une deuxième Jeanne, Américaine, vient donc d’être élue Pontife suprême, nous sommes en 2040.
Mais d’abord le Christ dans tout cela, Jésus, de son prénom? Auriez-vous, vous aussi, tonitrué ou déliré quand on vous catéchisait parce que vous vous disiez que cet enfançon-roi avait dû, comme les autres, salir ses couches (!) se mettre les doigts dans le nez et qu’adolescent il aurait pu avoir des envies… du genre pulsions ?
Sacrilège... mais ça c’était vos insolences de sale gamin ! Le défi de la Papesse Américaine du 21ème siècle est d’un autre ordre, elle nous convie à réfléchir aux anciennes frustrations des femmes mais nous confie aussi ses propres croyances, ses vérités, ses doutes. Et d’abord elle juge que le Christ ne pouvait être qu’ « athée…tout du moins agnostique. Vous voyez un croyant se prétendre le Fils de Dieu ? Il aurait eu trop peur de sa vengeance ». Nathalie Mann, élégante tant dans sa longue robe noire que dans la blanche, papale, rayonne seule sur un plateau modeste, dans la mise en scène de Thierry Harcourt sobre mais d’autant plus percutante. Souriante ou archi-sérieuse, gigantesque, authentique elle dérange, convainc, bouleverse. La papesse vient d’entamer un règne qui va se poursuivre en juillet, dans la cité des papes, - Avignon-off - au Collège de la Salle.
Vous en sortirez bluffés, secoués même peut-être, mais surtout ragaillardis.
Avignon - festival off, du 8 au 31 juillet 2010, au Collège de la Salle, 1 place Pasteur, 17h30.