12 mars 2011

La dernière nuit entre George Sand et Alfred de Musset

de Marie-Françoise Hans
Mise en scène conçue par Jean-Luc Moreau
Intitulée au départ « George et Alfred » la pièce est devenue cette « Dernière nuit entre » au titre explicite qui a pour unique élément de décor un lit gigantesque radeau de la méduse ou encore champ de bataille (à coup de polochons) que se livreraient d’anciens sales gosses prolongés mais si fougueux. Ex amants, ils se retrouvent pour se remesurer l’un à l’autre là où ils avaient vécu leur aventure vénitienne. A l’époque Alfred alité, inconscient, délirant, avait été veillé et soigné par un médecin local, vite séduit par George dont il était devenu le partenaire pour ces ébats hygiéniques dont elle avait autant besoin que son Alfred. Elle et George: des tempéraments explosifs et excessifs que l’auteur à la jolie écriture raconte et analyse méticuleusement. Elle nous les propose: corps, âmes, esprits, selon une mise en scène et en espace sous des lumières chaudes dans des tenues déshabillées d’une grande élégance. George se vante d’être une femme et une mère responsables, un écrivain perfectionniste, puis elle allume un de ses cigares. Alfred l’étreint, la malmène puis lui redit son admiration et ce désir qui cousine peut-être avec une tendresse dont il feint de ne rien vouloir savoir. Peines perdues, et de nouveau des reproches sans vraies aigreurs. Tout passe… et on pourrait passer à autre chose, semble-t-il. Sur fond de musiques de Chopin ce règlement de comptes n’est surtout pas mesquin. Derniers ébats, Alfred épuisé s’est endormi au pied du lit-paquebot, et George, ayant réintégré l’habit d’homme qui la fait se sentir tellement libre, quitte la scène après avoir épilogué. Gaëlle Billaut-Danno (George) et Xavier Clion (Alfred) comédiens généreux sont les interprètes de cette revisitation d’un monde ‘romantique’ auquel nous devons et continuerons de devoir tant.
Théâtre du Petit Saint Martin, du mardi au samedi à 21heures. Réservations : 01 42 02 32 82