24 avril 2011

Julien Gracq, Un balcon en forêt

La « drôle de guerre » - l’amour - la mort
Mise en voix par Eric Chartier

Julien Gracq qu’Eric Chartier a rencontré en 1991 et qui lui a donné ses écrits, les lui a aussi dédicacés : « A Eric Chartier dont la voix réaccorde le public à la littérature. » Ne pas naïvement chercher le verbe réaccorder dans un dictionnaire, mais penser peut-être à ce personnage à l’oreille absolue que vos grands-parents convoquaient régulièrement pour accorder leur instrument. Mais d’abord aimer ce trio-là : ‘voix-public-littérature’. Eric Chartier n’est pas seulement un comédien très ‘physique’ à la voix et à la présence qui envoûtent et réconfortent, c’est un chevalier servant et sans peur de ses écrivains de dilection : Rousseau, Chateaubriand, Flaubert, Stendhal, Céline et Proust.
Pas de gesticulations ni même de simples gestuelles destinées à captiver et retenir l’attention d’un public qu’il fascine pendant près de deux heures sur le plateau qu’il n’arpente surtout pas. Chemise et pantalon noirs, il est debout côté cour sur la scène de ce théâtre si singulier au cœur de l’Ile Saint Louis qui convie toutes sortes de musiciens étonnants, qu’aime Michael Lonsdale qui y est souvent le très-bien venu et où, en cette saison, se donnent un Tartuffe et un Godot.
Eric Chartier, intense, dense et charnel, dit et vit Julien Gracq dont on aimerait que la consonne finale de son pseudonyme cédât la place à la voyelle « e » parce que « Le dire est la célébration de l’écriture » et que selon Mallarmé qu’il aime citer « Rien ne demeurera sans être proféré ».
Théâtre de L’Ile Saint -Louis- Paul Rey, du mercredi au samedi à 21 heures, dimanche et jours féries : 17h30 , jusqu’au 5 juillet. Réservations : 01 46 33 48 65.