03 avril 2011

La banalité du mal

de Christine Brückner, traduction Patricia Thibault
Mise en scène Jean-Paul Sermadiras avec Patricia Thibault
Donc, au départ l’incontournable Hannah Arendt et la fascination de la dramaturge pour Eva Braun dont on croit savoir tout, dont on ne sait peut-être pas grand chose, dont on ne saura probablement jamais rien ou qu’elle invente et ré-invente. Elle le fait amicalement, généreusement, presque amoureusement, quitte à nous présenter un personnage attendrissant pour interview voyez magazine intello-branché . Un fauteuil rouge, un tapis rouge, un rideau rouge mais au milieu duquel, par une fente, la comédienne passe la main pour récupérer un verre ou une coupe pleine. Vibrations sonores destinées à faire augurer le pire. Eva a des états d’âme et des envies de se supprimer. La grande et belle comédienne joue sobrement et la mise en scène est dépouillée. De la banalité ! mais où est donc ce mal-là ? Plusieurs générations en auraient souffert silencieusement avant d’exploser. Pour Eva selon Christine et à propos d’Adolf : « Il n’a pas toujours fait ce qu’il voulait » .
La Manufacture des Abbesses, du mardi au jeudi à 21 heures. Réservations 01 42 33 42 03