30 avril 2011

Le bonheur est à l’intérieur de l’extérieur de l’extérieur de l’intérieur, ou l’inverse

de Gauthier Fourcade, mise en scène de François Bourcier, dessins et tableaux de Florence Thorey-Fourcade.
Un mur de larges cartons blancs empilés servira aussi d’écran pour la projection de dessins coloriés désopilants. Sur une table avec nappe blanche un autre carton se révèlera contenir les accessoires dont Fourcade raffole parce qu’ils sont parlants. La situation de départ : Gauthier avec des petites ailes dans le dos et dos au public, on entend un chœur de musique russe apparemment très orthodoxe. Les minutes d’après, il arbore des lunettes de prof-conférencier à qui on fait donc confiance et tient à la main des feuilles annotées qu’il consulte, comme si c’étaient des notes de mise en scène. Un peu plus tard, il est attablé dans un restaurant où, mystificateur parfois mystifié, il aimerait commander…mais quoi ? un régiment d’aliments étranges ou étrangers ? Bien entendu le serveur n’est pas dans le coup, d’où quiproquos et un petit bonheur (qui pourtant doit être dans le pré) mis de côté . Peu importe, il re-déambule nous dédiant ses pseudo-faux-aphorismes avec jeux de mots aussi rafraîchissants que son regard. Pour se rafraîchir il ouvre l’un des cartons censés contenir un réfrigérateur avec au fond, dit-il, une glace… non un miroir. Et toujours ces fantaisies langagières, tenez : cette fois il est question de foot-ball : « Le temps est un ami » oui, mais « La mi-temps » ? « Débuts…oui mais deux buts ? » Une voix off qui gronde, le gronde presque. Il reprend : « Avant, je pensais »… Et nous pensons : vive sa fausse-folie. Et puis résonne le timbre d’une voix de fillette qui prétend être une vache et dit des choses censées être censées : elle aime les lettres (voyez alphabet) qui évoquent pour elle…oui mais les lettres sont timbrées.
Fourcade a fait dégringoler tous les cartons- vrai barouf, mais ouf ! – et a déroulé sur la scène un immense drap léger, lequel devenu triangle hissé vers le haut ressemble à une tente…ce qui est tentant pour homme ayant choisi le désert comme ultime lieu de méditations. Le voyage peut, peut-être, s’achever et Gauthier ré-enfiler ses ailes. Mais nous n’avons pas envie de filer, mais au contraire de le rencontrer à la sortie du théâtre pour lui dire combien nous avons aimé et aimons la trajectoire de celui qui vient de recevoir le Grand Prix de l’humour Noir 2011.
Manufacture des Abbesses, le 30 avril à 19 h.
Au Festival d’Avignon-Off en juillet. Site : www.gauthier-fourcade.com.