30 mai 2011

Chute d’une nation (épisode 1) La petite phrase

De Yann Reuzeau, mise en scène de l’auteur
La Manufacture des Abbesses programme actuellement cette quadrilogie fascinante, dont le titre s’il avait été LA chute d’une nation, serait devenu anecdotique, en ces temps de pré-pré-primaires pour élection présidentielle, soit cette sacro-sainte actualité pour accros à l’info. L’auteur consciencieux et méticuleux a sollicité la collaboration d’un élu montmartrois pour que cette saga juste et convaincante devienne pédagogique.
Deux hommes, de gauche bien sûr : le plus mûr (redoutable Yvan Lambert) a depuis toujours l’ambition de jouer un rôle politique de premier ordre, bien qu’accusé d’avoir eu une conduite irrégulière et commis des erreurs tactiques, voire pire. L’autre, son cadet au si bon charisme (Walter Hotton) doute de ses propres talents. Il sera récupéré par une ambition politique, à son corps presque défendant, encouragé par des collaborateurs qui lui font confiance, l’apprécient, l’aiment et dont on ne doute pas de la sincérité. Mais dans de pareilles sphères l’ambition n’est-elle pas une maladie archi-contagieuse et ces charmantes collaboratrices
(Sophie Vonlanthen et Leïla Moguez qui mènent la danse) ne sont-elles pas en train de faire leurs gammes ? Ne pas anticiper. Le match Perkis-Vampel sera serré. Sur scène deux univers jumeaux avec éléments de décors bien maniés, presque bousculés, et des déplacements malins avec voix off et noirs salutaires. Sept comédiens et comédiennes tous remarquables, même si dans l’urgence certains parlent si vite qu’on a un peu de mal à les suivre. Mais à la télé et à la radio aujourd’hui, c’est ainsi.
Manufacture des Abbesses, voir dates et programmations. Réservations : 01 42 33 42 03.