07 août 2011

Au bonheur des hommes

cabaret satirique et musical
Textes de Jean-Marie Lecoq, musiques de Clarisse Catarino, avec Véronique Ataly, Christian Gaïch, Jean-Marie Lecoq et le groupe Djazz’elles : Clarisse Catarino accordéon et chant, Eva Slongo violon et chant, Anne Gouraud-Shrestha contrebasse et chant
Rassurez-vous, les deux comédiens et la comédienne chantent aussi remarquablement, a cappella, et à plusieurs voix.
Du cabaret ? plutôt du music-hall, voyez ancienne et magistrale tradition avec séquences décapantes et bonhomie constante, le tout sur un rythme trépidant. Satires, railleries, traits d’esprit, faux-aphorismes, et des gags-blagues. De l’inventivité, de la dérision, de l’auto-dérision aussi et des indispensables bouffées surréalistes. Des personnages archi-farceurs, eux manipulateurs ou manipulés et elle fausse nunuche ; des accessoires pour piste de cirque, plus la grande poubelle verte pour immeuble ordinaire, régulièrement trimballée sur les planches et dont sont extrais successivement des dizaines d’objets hétéroclites.
Les musiciennes revêtues de robes gracieuses et multicolores pour « romanichelles » classieuses, s’affublent de masques de petits cochons quand elles passent la tête par trois trous percés dans une grande nappe à carreaux rouges et blancs. Changements de costumes : les comédiens en blouses blanches sont devenus le personnel d’un hôpital ; pourquoi demanderez-vous ? Parce qu’il est question de soigner une humanité en danger de succomber aux agressions que sont la sottise ordinaire, le consensus, la propagande, la langue de bois avec ses félins domestiques habituels, artistes de complément et autres techniciens de surface, plus ce qui est coté en bourse et encore le FMI, les ex G8, les OGM, les cartes de séjour en danger d’être périmées… Mais alors c’est la faute au pétrole !
Le monde va donc à vau l’eau? Notre pays peut-être aussi : « Nicolas t’as du boulot ! ».
Nous ne vous dirons rien du décor non plus que de ce pseudo-demi-rideau constitué de dizaines de bouteilles plastiques d’eau minérale vides enfilées sur des cordelettes. Derrière, les trois comédiens apparaissent en casquettes et « petits marcels » : forcément le monde ouvrier m’sieu-dames ! Les lumières deviennent très coloriées elles aussi. Sur la scène de nouveau ça danse et ça chante, les musiciennes ‘font’ dans un style tzigane parfait. Et puis, au public de les rejoindre pour chanter ces comptines franchouillardes que nous aimons, nous qui avons « du bon tabac dans notre tabatière » et aussi qui aimons « danser la Carmagnole ». Et ça repart. Les spectateurs aux visages radieux hoquètent de rire jusqu’à la fin quand l’équipe pétaradante et fantasque et son redoutable chef Jean-Marie Lecoq nous réconfortent en nous souhaitant cinq milliards d’années d’existence encore. Banco !
Le Lucernaire, du mardi au samedi à 21h30, jusqu’au 9 octobre. Réservations : 01 45 44 57 34