17 octobre 2011

La mort de Néron

de Félicien Marceau
Mise en scène de Romain Martin avec Eliezer Mellul.
Félicien Marceau à l’âge de 43 ans a voulu ce monologue exploratoire aussi diabolique que divin mettant en scène un Néron destiné à être empereur, qui aimait se prendre pour un comédien, voire un philosophe, un poète, un musicien et qui mourra à 31 ans dans les circonstances que l’on connaît
Marceau les ressuscite, et cela donne : «il y a eu une époque où je faisais le bien » … «je me suis marié trois fois»… «j’ai horreur des femmes enceintes», «je l’ai tuée» et «je me suis marié avec un homme» et encore «pourquoi me haïssent-ils ?» «n’avez-vous jamais eu envie de tuer ?» «j’aime tout de l’acteur»… «j’aurais pu avoir la foi». «on est toujours en retard»…. «c’est pourquoi j’ai tué ma mère»… et encore «cet enfant que j’ai été»…
Au centre du plateau un canapé recouvert d’un tissu noir où on découvre l’homme allongé. « J’aime tout de l’acteur ». Comédien à la voix et à la présence singulières Eliezer bouge remarquablement et chante comme Néron l’aurait  probablement fait ; sa voix est très belle. Félicien : «Les  gens préfèrent les va-t-en-guerre… » Mais Néron sur sa couche : «Je suis fatigué, je voudrais dormir». «Tout ce qu’il me reste…» : se détruire ? A la main droite il a un poignard et au final arrive son « Qualis artifex pereo ! » à la traduction difficile.
Les trois vrais derniers coups sont frappés par son partenaire - régisseur et metteur en scène. Une fois de plus Eliezer Mellul nous sidère.
Théâtre du Nord-Ouest, dans le cadre de la saison Camus, Sartre, De Gaulle et la Politique. Dates et réservations : 01 47 70 32 75